SCÈNE IX ET DERNIÈRE
L'égiîM Saint-Germain-des-Prét. — Un aalel. — Le ministre et madame Grasaet servent de père et de mère à Félicité. — • H. et madame de Clerville accompagnent Epaminondas en pleoraot de joie.
— Le curé bénit et unit les fiancés. — Bruit religieux et mélaucoliqoe de l'orgue. — L'encens brûle , sa famée odorante s'irise an reflet des vitraox. — Silence profond et tendre recoeillement. — Tons les yeux sont humides de larmes , excepté ceux de Simonneau , (éiRoin d'Epaminondas» qui fait des mines grotesques à mademoiselle Faony Leloop, qai rit de tout sou cœur dans un coin do l'église , en faisant des réflexions ironiques sur la taille et la toilette de la mariée.
— Oa se rend pour le banquet à l'hdtel du ministère.
E.B GHOEURe
« 0 justice ! ô justice sainte et sacrée ! magnifique reflet de la divinité, quel est celui qui ne tremblera pas d'efiroi en abordant ton sanctuaire? Quel est celui qui comprendra dans toute son immensité la redoutable mission quil accepte en osant t'interpréter ?
j,g COUÉBIB» SOCIALES.
Q„el e.t celui qui , «m. terreur, «ie-a« dire «« hommes assemblé» : - Bco«te«-mo., cec. ert U .e-
Et pourtant, ô justice sainte et sacrée ! le» h«mmc. austères, majestueuseméut assis à ton •"P'^J»* ^ terrible tribunal, doi»ent être sages parmi le» plaj» sages, éclairés parmi les plus éclairés; .1. dowen imprimer à le*ur vie privée le caractère rehg.eux et pur de leurs fonctions redoutables ; et de même que leur imposant costume ne ressemble en nen à celu. des autres hommes, de même aussi leur existence soUlaire et recueillie ne doit ressembler en nem a Peïisteiice frivole et joyeuse des autres h»mine..
En poun-ait-il donc être autrement? 91 celui q... doit absoudre ou condamner ses semblables ne Us dominait pas de toute» le» forte» et coar^eoae» veriu» dune vie exemplaire, le» Innocent» ne M «!•ralent-ll» pas : — . De quel droit flous absons-tti 7 • — et le» coupable» , . - De quel droit non» covdamnes-tuî — Si tu a» commis la faute, qweUe est (on autorité pour flétrir la faute? — Ne frémis-tu donc pas, ô juge indigne! lorsque tu féerie» : — Honte et châtiment au prévaricateur, alors que toimême tu es préïWicatear! — Honte et châUment i l'adultère , alors que toi-même tu es adultère ! — Honte et châtiment au» passioM mauvaise», alors qam toi-même tn e» »««* la i»«a *•* p»^"» «•"vaiM» ! — Allons, allons, notre complice, qoltte Ion trÂne magistral, et viens t' asseoir »or la «elMte de rinfamie parmi nous antres crimiliets ! >
Mais il n'un est pas aiùfci^ ô jUstiee sainte et sacrée ! Ceux-là qui, . de leur voix solennelle et retenllssmte comme les foudres du dernier jugement, proclament tes arrêts inexorables , ceux-là, tristes, anstères et pensifs , imposent le respect et l'admiralioD aux auti'ëâ hbhimës ! C'est que ceux-là, tes élus, ô justice ! tes élus parmi les plus purs, ont dès leur jeunesse longuement éprouvé s'ils étaient dignes d'aspirer à cette mission souveraine ! C'est que ceux- M, dans leur âge itiûr, diit exercé leur formidable sacerdoce avec une éclatante et sereine vertu I C'est çue ceUJL-là, daijs ïéût vieillesse enfin, encore épurés par cette loâgUë tlb dé résigbation et de sacrifices, ont atteint le deftilér tefme de sagesse auquel l'homme puisse an^lter, aprèâ aVôib triomphé des plus rudes épreuves.
Aussi te glorifie-t-on magiiifiquetiiëtit daiis le vénérable ai «plëndlde caractère de ceux-là , qUi sont adoj^s et béilld de toiià comiiie tes plus divins organes, A jùstide ! Ô justice sainte et Kacrée !
Ft.V DU JUGE.