‹ Comédies sociales et scènes dialoguées (volume 2)Chapitre 28 sur 129 · L.E CHOEUB · texte numérisé non relu

L.E CHOEUB

Législateur. . . titre souverain et majestueux ! Ëst-il un plus magnifique sacerdoce , une plus divine mission : Aux hommes donner des lois.

Imposer des lois à tout un grand peuple, non par la force, mais par la seule autorité de l'intelligence , du savoir et de la vertu.

Donner des lois!.,, pouvoir écrire son mot, sa pensée dans un de ces commandements sacrés qui résument les hautes et sages méditations des élus, et qui sont reb'gieusement écoutés par une nation tout entière.

Faire enfin la loi ! la loi ! devant laquelle le rui même se découvre et s'incline ; car il est le premier de ses sujets.

Mais tiussi qu'ils sont sages , austères et éclairés, ceux qui ont à remplir ces puissantes fonctions ! Quel foyer de lumières chacun fait rayonner autour de soi et quelle splendeur en rejaillit sur le pays !

Oh ! c'est que chaque législateur a compris que sa mission était si vaste que, pour la dignement remplir, il fallait pouvoir faire planer sa pensée des plus hautes théories gouvernementales aux individualités et aux connaissances les plus diverses.

Et ils ont encore compris que, pour être à la hauteur de leur mission impériale , il fallait avoir longuement médité Fhistoire des gouvernements de tous les peuples, les causes de leur ruine ou de leurs prospérités, puisque le législateur doit décider des formes et de la marche du gouvernement des peuples.

Et ils ont encore compris qu'il fallait avoir profondément observé l'humanité, ses penchants, ses vertus et ses vices , puisque , par la loi qu'il fait , le législateur dirige , réforme et améliore la condition des sociétés.

Et ils ont encore compris qu'ils ne devaient demeurer étrangers à aucun savoir ; que leur pouvoir décidant universellement de toutes les questions possibles, leurs connaissances devaient être aussi universelles ; et ils ont enfin compris qu'ils devaient avoir étudié depuis la guerre jusqu'à l'industrie, depuis les belles-lettres jusqu'aux sciences exactes

puisque l'action du législateur s'exerce sur tout, depuis la guerre jusqu'à l'industrie , depuis les belleslettres jusqu'aux sciences exactes.

Sans cela , s'ils étaient uniquement voués à une connaissance spéciale, s'y montrassent-ils supérieurs, quelle lumière, quelle conviction pourraient-ils ap-

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porter dimi ïevm^n A^ tout d^ quettîoiw qui leur seraient étrangères , et qu'ils devraient pourtant vé^ sondre ! Quelle aiftorité, quel poids aurait illors leur voix daps ces i|ugustes débats qi|i fixent rattentiou de l'Europe?... I^eur adiiésion m l^nr refus serait donp diPté par Figaorance, la faiblesse, ou uue lâche complaisance?

Mais, non ! non ! leur savoir, leur intelligence est immense comm^ leur pouvoir. Avant de les choisir pour représentants, l^nrs concitoyens ne leur ont-ils pas demandé np compte sévère de toutes les bienfaisantes et sages institutions dont ils se proposaient de doter le pays, et des moyens que chacun possédait pour arriver à ces fins magnifiques?

Sans dpute, les preuves de supériorité inteilec* tuelle qu'on exige des élus sont bien grandes ; sans doute f peu d'hommes peuvent les réunir... Asses riche pour garder une indépendance honorable et payer l'éducation la plus ample et la plus complète, il faut encore s'être voué depuis sa jeunesse à des études sans nombre , à des travaux immenses , universels, afin d'être digne de se présenter au suffrage de ses concitoyens réunis.

Ce n'est pas tout : il faut que la vie privée la plus pure, la plus austère, la plus respectée, vienne donner une autorité majestueuse à l'imposante voix du législateur...

En pourrait-il être autrement? Celui qui fait la loi, la peut-il violer? Ceux qui, par l'organe de cette loi, disent aux autres hommes : « Vous serez régis

LK LÉflISLATEUR. lOS

selon notre volonté ; nous vous ordonnons cela, nous vous défendons ceci; » ceux-là ne doivent^ils pas être prêts à toute heure, par la vie la plus magnifiquement exemplaire, ^justifier de la haute confiance qu'on leur a témoignée?

Est-il enfin pour eux des actions privées ? Non. Les moindres détails de leur vie doivent resplendir aux yeux de tous. La plus inexorable sévérité doit leur demaud^r compte de tons leurs actes et n*admcttre aucune faiblesse , aucune erreur , aucune faute. . .

La mission est haute et superbe et volontaire ; ils la briguent ardemment, qu'ils en soient dignes ! Elevés au-dessus des hommes par leurs puissantes fonctions, qu'ils les dominent également par une intelligence et une vertu surhumaines.

Législateur!... titre souverain et majestueux ! RsN il un plus magnifique sacerdoce ! une plus divine mission : Aux hommes dominer des lois !

Imposer des lois à tout un grand peuple, non par la force, mais par la seule autorité de rinlclligence, (In savoir et de la vertu I

Pouvoir écrire son mot, sa pensée dans un de ces commandements sacrés qui résument les hautes méditations des élus, et sont religieusement écoutés par la nation tout entière !

Faire enfin la loi! la loi! devant laquelle le roi même se découvre et s'incline ; car il est le premier (le ses sujets !

104 COIIKDIES SOCIALES.

liA COMÉDIB.

PBBSOSSACES.

U Burqab DE BEACMÉNIL, pur de Fnncf.

U. JÉBOHE DUBREDIL, ricke prapriéteiiv.

M. GODARD, avocat.

M. FRÉDÉRIC MELVAL, pabUeistc.

M. JABULOT. épicier.

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