‹ Comédies sociales et scènes dialoguées (volume 2)Chapitre 63 sur 129 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

Petite sacristie près de la chapelle du cbàteaa. Le père Royer entre

soivi d'un jeane eufant.

LE PÈRE ROVKR. — Est-ce bien ici que l'on t'a dit de me mener?

i/e\fa\t. — Oh I cette fois je ne me trompe pas. l'oici les livres. Dans cette armoire sont les habillements.

LE père ROVER. — Mais qu'as^tu donc, mon petit ? Tu es tout tremblant.' A peine si tu peux parler.

i.'enfaxt. — Je n'ai jamais été levé si tard.

LE PÈRE ROVER. — Tu cs fatigué, pauvre enlant ; tu as envie de dormii*?

l'enfant. — Non, je crois plutôt que j'ai peur.

LE PÈRE ROVKR. — PcuT, et de quoi ?

l'ekfaxt. — Je ne savais pas encore comme il '

fait noir, la nuit, dans un château, et j'ai toujours entendu dire que minuit est une mauvaise heure.

LE ràftK ROYKR. — Remets-toî, regarde autour de toi; tu vois bien qu'il n'y a ici rien d'inconnu, rien de dangereux.

l'bnfant. — Mais tout à l'heure, quand nous avons détourné là-bas , au bout , en passant devant les communs, est-ce que vous n'avez pas vu une grande figure qui nous regardait aller?

LB PÈRE ROVER. — Je l'ai aperçue ; c'était sans doute quelqu'un de la maison.

l'enfant. — Je les connais tons ; et qitand nous l'avons eu dépassé , il a quitté la muraille et nous a suivis de loin.

LB piRE ROVER. — Tu l'as VU uous suivrc?

l'enfant. — Non , je n'ai pas osé regarder ; mais j'ai entendu sa marche.

LE PERE ROVER. — C'était le bruit que nous faisions nous-mêmes.

l'enfant. — Oh ! non , car vous marchiez vite , moi , encore davantage ; et lui , c'étaient des grands pas lourds. (// pousse un cri. ) Ah ! le voilà ! le voilà ! {L'enfant se réfugie avec terreur derrière le père Boyer qui regarde entrer le jeune moine.)

LE MOINE , s'approchant. — Mon père , pour la cérémonie que vous allez célébrer, vous avez besoin d'un aide plus entendu que cet enfant. (// sourit tristement à l'enfant et lui tend la main ; l'enfant cache sa tête dans la robe du chapelain.) Vous avez besoin de quelqu'un ; me voici.

S84 SCàSES DlâLOGCÉCS.

LE rkaE BOTEK. — Qui donc étes-roos? soos ces traits flétris... ce firont dégamL..

iM mom, TwemenL —Je sois frère Eosèbe, mon père ; mais hâtez-rovs , on se dirige vers la chapelle ; il ne Tant pas les faire attendre , reYétei vos ornements , je vais préparer les vases et les libres.

Le pèie Bofcr le mréC de l'aube et faute l'élole ; peadanl ce fe^p* le Boiae aanive «vee des ugaeti deas le Mind In passage* qei deTToai être dits par l'efficiaMt.

LE PBRB ROTEH , regardant un instani la page où il s'arrête. — Savez-vons qoe c*est on mariage que nous allons célébrer?

LE MOUKE. — Je le sais ! voyez. (// hd montre les signets.)

LE PÈRE ROYBiL — Mais poorquoi mettez-voos on signet à cette page ? (Indiquant aoec le doigt : Prière pour nn cbrétien à Tagonie. )

LE HOiME. — Qoi sait? c'est on passage qai doit toujours être marqué.

LE PÈRE ROVER. — Vous souffrez , mou fils ; vous êtes mourant. Pourquoi ne pas me dire , God. . .

LE MOINE , vivement. — Tout est prêt , mon père , et moi aussi. (A l'enfant.) Reste ici, mon enfant, et n*aie plus peur ; je n'ai jamais fait de mal à personne.

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