‹ Comédies sociales et scènes dialoguées (volume 2)Chapitre 70 sur 129 · I.E BARBIER DR SANTAMARIA · texte numérisé non relu

I.E BARBIER DR SANTAMARIA

— Ce n'est rien encore t lè damné s'est avisé de monter sur la fom^ de Thorloge , et mon chevrier Ta parfaitement vu fumant son cifjftre maudit ; et puis après. . . l'a entendu chanter un air maudit sur sa <^uitare maudite!!!

— Mais les dignes pères comment ont-ils soulTert cette abomination? — demanda Florès d'un air contrit.

— Ah ! f oilà !» — et l'interlocuteur ferma à demi les yeux en souriant malicieusement.

Malgré tout le danger qu'il y avait à s'entretenir des affaires du clergé , on allait peut^-ôtre discuter gravement sur ce sujet, lor8(|u'une voix grêle et stridente dit d'un ton moqueur : — A moins que le damné Bohémien ne soit Satan lui-même.

Tous les yeux se tournèrent aussitôt vers un coin obscur de la boutique du barbier ; car c'était là que se trouvait l'inconnu qui venait de prononcer ces singulières paroles. Quand il vit tous les regards de rassemblée fixés sur lui , il se leva , laissa tomber son manteau brun, traversa lentement la longue salle de maître Florès, et fut gravement s'asseoir dans le grand fauteuil, qui alors attendait un patient.

Sa taille était bien prise, quoiqu au-dessous de la moyenne, et son riche costume andalou en laissait voir toute l'élégance. Il défit le mouchoir rouge qui entourait sa tête , et il s'en échappa une forêt de cheveux qui voilèrent presque sa figure ; ses gratids yeux noir^ brillaient d'un doux êelat.

IH PLIK KT PLOK.

c Allons , moD maître , — dit-il à Florès ; et il allongea Tindex le long de son menton en imitant le mouvement du rasoir ; — et pour mes péchés, — ajouta-t-ilf — ne m'arrangez pas comme le camarade aux boutons à Fancre. Surtout pas d'évacuation sanguioe. »

Le camarade aux boutons à l'ancre allait répondre, loraqu'une rumeur d'abord éloignée , mais bientôt plus rapprochée, l'en empêcha ; on distinguait une voix d'homme timide et suppliante , et une voix de femme aigre et criarde.

c Insigne menteur , je vais te confondre ! — ditelle en entrant, la mante en désordre et traînant après elle un jeune garçon d'une quinzaine d'années.

— Ma tante Isabella! — dit Florès le rasoir levé.

— Et le pêcheur Pablo î — s'écrièrent les assistants.

— Senora, — disait l'enfant, — je vous jure sur l'âme de mon père que j'ai vu, il y a deux heui:ps, la t.irtane aux voiles rouges mouillée près de Conil. »

La senora Isabella fit un geste qui aurait eu toute sa signification et toute sa portée sans le marin qui s'interposa prudemment entre les deux champions.

K Encore ce Bohémien maudit! — repartit le jeune homme au costume andalou. — Mes maîtres , voici une belle occasion de prouver ce que j'avan-

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