‹ Comédies sociales et scènes dialoguées (volume 2)Chapitre 81 sur 129 · LA CHASSE DE SAINT JOSEPH. 9S · texte numérisé non relu

LA CHASSE DE SAINT JOSEPH. 9S

VOUS, c'est une ruse de guerre , ils vont bientôt fondre sur vous. Rechargez vos armes.

— Seigneur lieutenant , — dit un marin, — mais Tassiégé a la plus belle paire de cornes que jamais chrétien ait eue plantée sur la tête.

— Saisissez le monstre ! — cria lago en reculant avec son bouclier; c'est le damné, saisissez-le... Vade retro^ Satana. . . Saint Jacques , saint Joseph, ayez pitié de nous !

— Mais , lieutenant , ce n'est. . . ce n'est qu'un bcenf. Par la Vierge ! et un vaillant bœuf qui se meurt, je crois. Jésus, sept balles dans le corps ! s Et la lumière que l'on apporta de la grande chambre permit de s'assurer de l'exactitude de ce ctirieux bulletin. C'était en effet un bœuf destiné à la nourriture de l'équipage de la tartane ,.et qu'on avait probablement été forcé d'abandonner en quittant le navire.

t Un bœuf, un ignoble bœuf! — disait lago. — Un plan d'attaque combiné avec tant de sang-froid et exécuté avec tant d'audace pour. . . popr prendre un bœuf à l'abordage !

— Nous allons l'emporter, n'est-ce pas, lieutenant? Il y a assez long-temps que nous doublons le cap Lard et la pointe Gourgannes pour jeter l'ancre sur un peu de viande fraîche.

— Tenez,. . . les entendez-vous, — reprit lago avec colère. — Anes , brutes , que vous êtes ! vous allez , n'est-ce pas , vous exposer aux huées de vos camarades en empoi'tant ce beau tropbée... Je m'y oppose ; remontez sur le pont , suivez-moi , fermez les

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ocQutillci , et surtout , uoo fois à bord du longre, nr démentez pas uq mot dfo ce que je dirai au capitaine Massareo , dans votive intérêt comme dans le mien, t

logo revint à bord du lougre , oh Ton commençait ù s'inquiéter des suites dé la fusillade , et ût^ avec uno Impudence rare , on rëcit détaillé de son codibat contre le Oltano et ses démons, t Enfin, — ajoula-t» 11, — enfin , capitaioe , tous morts ou hors de corn'* bat. ï

Kn écoutant cette héroïque narratioti, où Tintrépidite de lago se révélait pour la première fois , le ca^ pitaino Massareo , qui connaissait parfaitement la lâcheté de son second , ne concevait rien à ce changement subit ; mais , se rappelant là mâchoire de Samson , l'âne de Balaam , et tant d'autres miracles, il finit par regarder lago comme un élu que Dieu avait tout à coup animé d'un souffle divin pour lui donner la force de combattre un rcproui é, un fils de Fange rebelle. Aussi , une fois qu'il eut adopté cette malheureuse idée, il crut aveuglément toutes les sottises et tous les mensonges qu'il plut k lugo de lui débiter.

« Et le Gitan© ? — dcmaoda-t-il enfin,

— Le Gitono , capitaine , était probtblemeof dé* gutsé, mais je suis convaincu qu'il est au oombre des morts. IMable de sang , comme ça tache ! — dit Iagf«, qui voulait sans doute détouni^r la eoffversatioii étnm si^t aussi délicat, et il s'interrompit pour ^sa^<^ nue i«p(|e trace sanglante qaï sitloimaN sa vft^ê :

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c'était encore une suite de l'agome du pauvre quadrupède.

— Vous ôtes blessé ^ brave lago ? — dit le capitaine avec intérêt , -^ je veux voir.

— Xon , non , par ma mère , vous ne verrez pas. C'est un rien , une misère, — répondit lago avec une insouciAncç AlTectée, en se reculant précipitamment ; — mais ce qni est important , capitaine , c'est de couler bas ce nid de démons. Les écoutillcs sont fermées, ce sera l'affaire de quelques volées, et nous aurons purge la cAte da plus cjrand scélérat qui l'ait jamais infestée. * *

Mas8ar«o se mourait d'envie de demander à »on tonr pourquoi on n'avait pas ramené de prisonniers qui aoraient pu faire foi de Theureux succès de l'espédition ; mais il se voyait alors nécessairement chargé de cette seconde mission, et comme il ne s'en sottciait nullement , il acquiesça donc 6 tout ce que vouloâ le vaillant et saint lago , et l'on commença à canonner vigaureusement la tartane sosie du Gltano, qoi ne pouvait résiater long-temps à nn feu aussi bien nourri. •

m PLIK ET PLOK.

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