‹ Comédies sociales et scènes dialoguées (volume 2)Chapitre 87 sur 129 · LE PRODIGE · texte numérisé non relu

LE PRODIGE

défends conti*e Satan. . . s II ne put aller plus loin.

Lui , lago et tout Téquipage restèrent pétrifies sur le pont, les yeux fixes, hagards, et dans une eiTrayante immobilité.

K Sur ma parole,... je le crois... v

Vous savez que la mer était bien calme , la nuit noire,... tout était noir. Eh bien?

Un immense foyer d*une lumière rouge et éclatante s*embrasa tout à coup ; la mer, réfléchissant cette clarté flamboyante , roula des vagues de feu , l'atmosphère s'enflamma et les sommets des rochers de la Torre furent teints d'une lueur pourpre, comme si un vaste incendie eût dévoré la côte.

Cette lumineuse auréole était sillonnée en tous sens par de longs jets de flammes qui éclataient en mille étincelles, se croisaient en losanges ou retombaient en pluie d'or, d'azur ou de lumière. C'étaient des myriades d'ardents météores qui scintillaient en pétillant, de vifs et fréquents éclairs d'une blancheur éblouissante.

Et puis, 9u milieu de ce lac de* feu, apparaissait le Gitan 0 et sa tartane.

C'était le Gitano lui-môme , entouré de son équipage de nègres , dont les hideuses figures ressemblaient à des masques de bronze rougis au feu.

Le Gitano, sur le pont de son navire, tout habillé de noir, avec sa toque noire et sa plume blanche, ses bras croisés, et monté sur son petit cheval , qui portait une riche housse de pourpre, et dont les crins , tressés de fil d'or, retombaient en balançant des

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