SCÈNE II
Les mêmes, MARCELLI.VE.
M. DE ci.ERViLLE. — Marcclline, pourquoi m'avezvous caché que mon fds était rentré hier à minuit?
MARCEi.MNE. — Ail ! mou Dieu, monsieur, il ne lui est rien arrivé, allez, à ce pauvre cher enfant! AI. Simonneau l'a accompagné jusqu'à la porte, et...
M. DE (:i,ER\ ii.i.E, nrfr impntioire. — Encore ce
M. Sirnonneaii ! Mais je trouverai donc partout cet homme-là?
^i.^RCELLixK. — Ah ! c'est là un jeune homme jovial et aimable, et qui a de l'esprit plus gros que lui. Figurez-vous, monsieur, qu'hier, en revenant avec AI. Kpaminondas, il a aboyé à la por.'e, mais si naturellement... mais si naturellement, que j'ai cru que c'était unirai chien. Ah 1 mon Dieu, mon Dieu, le drôle de corps que ça fait !
AI. DE CLERViLLE, gravement. — Marcelline, quoiqu'il y ait quarante ans que vous soyez à mon service, je vous chasserai de chez moi la première fois qu'il vous arrivera de me cacher à quelle heure rentre mon fils , et de soutenir ainsi ses débordements.
MARCELLi.VE. — Mais, monsieur, il était avec M. Simonneau, et d'ailleurs il va vous répondre lui-même, car il vient de rentrer avec ses gros livres sous le bras, le pauvre chérubin.
M. DE CLERVILLE , (ivec uue coUve concentrée. — Ah ! il vient de rentrer !
AiARCELLixE. — Oui , mousicur, et jamais il n'a été plus gai, il chante comme pinson.
M. DE CLERVILLE. — Ah ! il chautc ; eh bien ! dites-lui de monter et de venir me trouver. ( A sa femme. ) Madame , laissez-moi seul avec lui.
MADAME DE CLERVILLE. — Mou ami , ne vous emportez pas ; ne le grondez pas trop ! prenez-le par la douceur , vous savez que c'est le meilleur moyen d'en faire quelque chose.
AI. DK CLKRVii,LK. — Jc sais cc (jue j'ai à fairo , madame.
AiARCKLLiXK. — Ail! tenez, monsieur, le voici : l'entendez-vous comme il chante ?
On entend une voix chauler : i; Il fiiul rire, il faul boire à l'hos- 2)ilalili: ! » Sur un signe impérieux de M. de Clerville, iiiadanio de Cleiville et ^laicelline soitenl.
M. DK CLKRVii.LK , seiil. — A uous deiiv inainleiiaiil , monsieur : il faut vire!