‹ Comédies sociales et scènes dialoguéesChapitre 50 sur 86 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

In cure.

PREMIER HA niTiK, teiiaiit le Moniteur el s'adres- ■sant à un autre Iiahituc. — Tiens... les élections sont finies dans le "*" arrondissement... C'est M. Jérôme Dubreuil qui est élu.

DEUXIÈME HABiTiÉ. — Qu'cst-cc quc c'est que ea, Jérôme Dubreuil î

PREMIKR HAHITIJÉ. Ni VU, ui COnUU.

DEUXIÈME iiAiîmÉ. — Et qtii étaient les autres candidats ?

l'REMiKR HiiuTiK. — W. (lodard, avocat, républicain; M. de Saint-Maur, carliste... Tiens, il y avait un quatrième candidat !

DEUXIÈME HMuri É. — Un quatrième candidat! mais c'est impossible, il n'y en a jamais que trois, puisqu'il n'y a que trois partis : républicain , gouvernement, et carliste.

PREMIER imuTUÉ. — Sans doute... mais ca u'einpèche pas qu'il y avait un quatrième candidat.

DEUXIÈME HABITUÉ. — Alais de quel parti?

l'RE.MiER HAHii uÉ. — De SOU parti à lui tout seul ; et ce monsieur s'appelle l'Védéric Mclval.

DEUXIÈME HARiTUÈ. — Allons donc , c'cst impossible ; il faut bien être d'un parti ou d'un autre.

PREAIIER HABITUÉ. — LisCZ plutôt VOUS-mÔmC...

DRUMKMK HABiTiK. — Xon , liscz vous-mêmo ; jr vous écoute.

PREMIER HABITUÉ , lisaut. — (i Les Opérations définitives du collège électoral du ^"^^ arrondissement ont eu lieu hier. Les candidats étaient : M. Dubreuil, candidat constitutionnel ; M. Godard, candidat radical, et M. Tristan de Saint-^Iaur, candidat légitimiste. Par une singularité qui ne s'est jamais présentée jusqu'ici, il y axait un quatrième candidat, AI. Frédéric Alelval. Ce dernier n'ayant fait aucune profession de foi ni désigné l'opinion qu'il désirait représenter, on ne cite sa candidature, qui n'a d'ailleurs été appuyée par personne, que pour mémoire. M. Melval est auteur de plusieurs ouvrages politiques, statistiques, littéraires et philosopliiques , qui sont, dit-on , plutôt les rêves d'un homme de bien (|ue des théories applicables au gouvernement de !a société. » {Haussant les épaides. ) C'est cela, un songe-creux, un rêvasseur d'utopies.

DEUXIÈME HABITUÉ , soiniaiit lie pitié. — Quelque chose comme un poète. L'imbécile ! Lisez toujours.

PREMIER HABITUÉ , Usaiit. — u . . . Applicables au gouvernement de la société. Il faut malheureusement signaler à l'indignation publique une bouffonnerie bien condamnable dont cette élection a été le sujet. Tous les esprits sérieux et sincèrement attachés aux libertés publiques gémiront profondément sans doute de voir ainsi fouler aux pieds un des plus beaux droits que notre glorieuse révolution nous ait h'gués. Un assez grand nombre de citoyens, égarés

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par cet esprit de scepticisme et de moquerie (|ui ne respecte rien , ont inscrit sur leur bulletin les noujs de M. de Marlborough , d'autres celui du Grand- Turc... 1)

DEixiKME HABiTLK , l'in/tf. — Ail ! ah ! ah ! ah ! les satanés farceurs !

l'RKAiiKH HAïuTi K. — Vous ricz de cela, vous?

DEixihiME HAïuTiK. — Parblcu ! je crois bien, c'est fait pour ça !

PREMIER HAniTLÉ. — Aloi, je trouvc cette plaisanterie stupide. (Il ro/i fi/me : ) i D'autres celui du (Irand-Turc ! Pourra-t-on jamais croire enfin que > jjràce ù ce dédain de nos institutions les plus précieuses, M. Marlborough et le Grand-Turc aient été ballottés! Tel a été le premier résultat de ce déplorable scrutin : électeurs, 300.

» Le Grand-Turc, 09 voix.

» M. de Marlborough, 80 voix.

•D M. Dubreuil, 08 voix,

» M. Godard, 50 voix.

» M. Tristan de Saint-^Iaur, V5 voix.

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