SCENE II
Le marqua DE R..., CORXÉLIE Dl HAIT-POXT.
LE jîarquis, aUant au-derant de Coniélie , qui se xoittient à pein?. — Remettez-vous, madame, vous paraissez bien émue. (Il lui indique le fauteuil qu occupait Edouard.) Asseyez-vous, je vous prie.
coRXÉLir:. — Je vous demande pardon, monsienr, de n'être pas plus maîtresse de moi.
LE MARons. — Xe vous pressez pas, madame, ne vous tourmentez pas... (Moment de silence.)
■'■:£ SCENES DIALOGUEES.
CORXÉLIE. — Me voici mieux.
LE MARQiis. — A qui ai-je Thouneur de parler?
r.ORXKLiE. — Si votre domestique, tout préoccupé de mon trouble, n'avait oublié d'annoncer mon nom, vous sauriez déjà...
t,K iiARQi is. — Quel est donc ce nom, madame?
CMRVKMK. — Gornélic du Haut-Pont.
i,K MARyris. — Ce nom me rappelle en effet un triste souvenir; c'est celui d'une femnii; condamnée en vingt ans de déportation pour rapt d'un enfant.
coRVKMK. — C'est un nom que vous avez sou\ riif maudit.
i,K MARQii.s. — Cet enfant enlevé, c'était le mien, mon fils.
coiivKi.iE. — Kt cette femme, c'est moi.
i,K \\ \Ryi i.^, arec UN mouremcnt. — Vous î
coRXKHK. — .Ah! je l'avais bien pensé; vous ne voudrez pas m'écouter. [Lrjnaïujuis se muet.) Oui, monsieur le marcjuis ; moi, condamnée, ayant subi le supplice, mais non coupable.
i.K MAR<.)i is, xr Irrttnf. — Je ne voudrais pas avoir l'air de punir encore une faute déjà expiée ; ccpcrjdant je ne puis que m'étonner d'une visite... (Cornclic cache ses larmes. ) Si c'est pour quelques secours, tout étranj^e que soit le choix que vous fuites de moi... (Il s'avance vers un secrétaire.)
CORXÉLIE, e rappelant. — Monsieur, monsieur, je ne vous dtîn.i.de pas d'arj]ent.
LK MARyiiî'i s'ny;i tant. — Que voulez-vous donc?