ACTE IV, SCÈNE III
HARDY, prenant les mains de Fîorise. — Avu effusion. Ahl Florisel
Quel feu 1
JODELET
Quelle âme!
AMARANTE
Quel émoi I
ROSIDOR
Quels élans fiers I
CÉLIDÉE.
Quels cris victorieux 1
OLIVIER, s* approchant à son tour.
Mais quoil Florise, à ce vil jeu vous donner tout entière ! La fièvre cependant brûle votre paupière.
Ah I voyez, ces cruels prodiges vous tueront : Vous pâlissez, et l'eau coule sur votre front I Bas, avec colère.
Et puis, voir un bouffon de ces hordes maudites Vous tenir dans ses bras I près de son cœur I
FLORISE, avec une indifférence hautaine et superbe.
Vous dites?
OLIVIER, à mi-voix.
Reposez-vous, — un tel effort doit vous briser, — Dans votre appartement. — Venez.
FLORISE, haut, avec éclat.
Me reposer!
Qpand je revis I Quand je renais I Quand je m*élance Au but, après avoir rompu l'affreux silence I Oui, c'est bien moi, Florise I Enfin 1 — Je triomphais De vous et je jouais à l'amour. J'étouffais I
Avec une profonde rêverie.
Oui, nous sommes ainsi. Quelquefois, ô Nature! Nous rêvons dans ton sein l'ombre, la vie obscure, Les devoirs accomplis auprès d'un gai foyer; Mais que notre astre errant se mette à flamboyer, Que ces oiseaux au vol étincelant, les Rimes 1 Voltigent en chantant parmi les vers sublimes, Que le Drame se lève et nous dise : C'est moi ! Nous le suivons, ce Dieu, notre amant, notre roi! Le reste, — le foyer, les baisers d'une mère, Les enfants, — tout cela, pour nous c'est la chimère !
S' exaltant.
L'art est une patrie aux grands cieux éclatants Où vivent, en dehors des pays et des temps, Les élus qu'il choisit pour ses vivantes proies ; Et ceux-là, donnez-leur vos demeures, vos joies, Tous les honneurs, toujours leurs coeurs inconsolés Pleureront, car ils sont chez vous des exilés!
OLIVIER
Florise ! quel démon vous aveugle ? — Oh ! je pleure. Tenez ! Vous me disiez vous-même, tout à l'heure, Ici, que vous m'aimiez 1 — Non, vous ne pouvez pas Me quitter, quand mon âme est clouée à vos pas. Florise, votre amour est à moi! — Je l'exige. Il me le faut.