‹ Comédies (volume 2)Chapitre 165 sur 182 · ACHILLE, DIOMÈDE · texte numérisé non relu

ACHILLE, DIOMÈDE

ACHILLE, à Lycomède.

O mon père, je crois revoir l'éclat du jour

328 DEÏOAMIA

Pour la première fois en sortant du mensonge» Comme un captif qui sort du cachot, et se plonge Avec ravissement dans Tair silencieux 1 Je m'enchante à sentir frissonner sous les cieux Mon aigrette et je songe aux sanglantes aurores En entendant le bruit de mes armes sonores.

DEÏOAMIA.

Hélas !

ACHILLE, allant à Deidamia et la prenant dans ses bras.

Ne pleure pas, ma Deidamia I Car il ne peut mourir, l'amour qui nous lia.

Et tu vas avec toi garder plus que moi-même.

Puisque tes yeux verront le doux Néoptolème, Cependant que j'égare au loin mes pas errants. Conserve en toi mon souffle et ma pensée, et prends Mon âme, à ce moment suprême où je t'embrasse I

LYCOMÈDE, à Achille.

Sois digne de ta mère, et digne de ma race I

Car je ne puis, vieillard dont s'éteignent les jours.

Porter dans Ilios environné de tours

Le carnage et le choc horrible des armures,

Avec les Achéens aux belles chevelures 1

ACHILLE

Moi, j'irai ! Car en moi, ton fils jeune et vainqueur.

Revivront ta jeunesse intrépide et ton cœur!

Roi, lorsque tu parais, blanchi, devant ces portes.

Tous s'inclinent devant le sceptre que tu portes ;

Tout ce que je ferai, c'est toi qui le feras :

Ta force redoutée animera mon bras.

Et ceux qui me verront, si ton souvenir m*aide

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