‹ Comédies (volume 2)Chapitre 27 sur 182 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

Avu révolte. Eh bien, non, j'avoue. On m'a livré.

Soh. Mais si le necur brûlant dont j'enivrai Ma lèvre par hasard n'était que de l'eau claire. Pourquoi me détromper, cruel, en ta colère 1 Ah 1 vous autres les Dieux, vous êtes étonnants I Vous avez la montagne en fleur, les cieux tonnants. L'éclair, les grands palais d'azur, dont les pilastres Sont faits de diamants et de saphirs et d'astres ; Vous tenez dans vos mains la foudre et ses carreaux. Et vous venez encore, ingénieux bourreaux.

Chez nous, à nos dépens courir les aventures Et disputer leur joie aux pauvres créatures 1 Je me révolte enfin. Qu'ai-je fait? Tu me nuisi Tu railles mon veuvage affreux et mes ennuis 1 Parce que ta Diane errante, que tu trouves Si belle, met à mort des biches et des louves, Parce qu'elle s'en va les pieds nus dans le thym. Parce que ta Déesse aura dès le matin Mis sa robe couleur de rose ou fleur de soufre. Il faut que j'en pâtisse, il faut, moi, que j'en souffre 1 Si n'ayant rien aimé, vierge au sourire amer, Elle cache en son cœur les neiges de l'hiver, Est-ce ma faute, dis, méchant Amour? C'est elle Qjii t'a chassé, pour rien, pour une bagatelle, Et qui te hait. Je vis pauvre sous mon tilleul. Triste, dédaigné, fiiuve, horrible, et je suis seul Qjiand tout renaît, au mois délirant de la sève : Je ne te dis plus rien, mais laisse-moi mon rêve 1

ÉROS

Gniphon t

G N I P H G N , voulant partir.

Adieu.

EROS

Je puis te consoler.

GNIPHON, avec amerlume.

Merci I Désarme U Diane, objet de ton souci.

Laisse-moi.

EROS

Si pourtant je cède à tes reproches?

GNIPHON.

Point d'aâPaire. Je crains les présents de tes proches. J*ai voulu voir de près les Dieux, je m'en repens, Et je retourne avec les loups et les serpents. Pourquoi me voudrais-tu du bien ? Qjuel est mon crime ? Celle qui t'a chassé du grand festin sublime, C'est Diane. Ce bois farouche est ma prison.

Donc, ne me verse pas ton miel et ton poison. Lâche Amour, si tu veux chérir ce qui t'abhorre. Retourne au bois, leurs cris y résonnent encore, Et suis parmi l'horreur du meurtre et du trépas Celle qui pour te fuir précipite ses pas.

Ta Déesse a la haine au cœur bien affermie :

Va la fléchir I // sorl.

SCÈ'H.E III

ÉROS

Il a raison ; mon ennemie, C'est Diane. C'est toi, vierge en fleur, mon trésor 1

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