SCÈNE II
Sans prévenir, et si c'est ma douce colombe Qui s*éveille, je reste avec ivresse I
Remontant la scène, et criant.
Au feul Au feu ! tout brûle 1 au feu 1 tout va rôtir I
SCEn.E II LÉANDRE, COLOMBINE.
COLOMBINE, paraissant sur le balcon.
Mon Dieu !
D'où vient tout ce vacarme?
LÉANDRE, continuant à crier.
Au feu !
COLOMBINE, apercevant Léandre,
C'est toi, Léandre !
Quoi 1 tu n'es pas grillé, brûlé, réduit en cendre I Mais, s'il te plaît, où donc est le feu?
LÉANDRE
Dans mon cœur I Il est bien dans tes yeux 1 Oui, son foyer vainqueur De tes prunelles d'or a passé dans mes veines. Pour calmer sa fureur mes forces furent vaines!
COLOMBINE
Voyez le bon apôtre 1
LÉANDRE
En vain ce faible cœur S'est contre tes regards armé de ta rigueur : Tes refus pour l'éteindre en vain faisaient la chaîne, Il fut incendié comme du cœur de chêne 1
COLOMBINE
Tu n'es qu'un enjôleur, et je ne te crois pas. Â quand le mariage?
LÉANDRE, feignant le désespoir,
O froids et durs appas!
Cœur de neige fondue 1
COLOMBIKE.
A quand le mariage?
LÉANDRE, à part.
Elle y tient!
Haut.
O des cieux rare et charmant ouvrage.
Fassent un jour mes vœux que nous nous unissions ! Le ciel n'est pas plus pur que mes intentions.
COLOMBINE
Alors, marions-nous.
LÉANDRE, montant sur le banc pour parler plus commodément.
Ma chère Colombine, Les destins que pour nous le sort là-haut combine, Par des astres divers sont tous contrariés.
Et l'on a vu des gens, pour s'être mariés, Tomber sur leurs vieux jours dans les plus grands désastres. Songeons-y bien!