SCÈNE III
COLOMBINE
Pour moi, je me moque des astres Et de tes chansons. Point de noces, plus d'amour.
LÉANDRE, redescendant à terre.
Cruelle, laisse-moi te faire un peu ma couri
COLOMBINE
Ouais! vos cours mènent loin!
L É A N D R E , tirant son épie.
Si je me désespère, Je vais...
COLOHBINE, l'interrompant.
Va demander Tagrément de mon père.
J*aime les discours brefs et les plus courts chemins.
LÉANDRE
Il me refusera I
COLOMBINE
Je m'en lave les mains.
Fais-lui pour l'attendrir quelqu'un de ces beaux contes due tu contes si bien I Au revoir.
Elle ferme sa fenêtre. Léandre reste un moment tout penaud, puis s'avance sur le devant de la scène.
SCÈ'N.E III
Toi, tu comptes
Sans ton hôtel Après tout, si je me mariais?
C'est un grave parti. Certes, je pariais Qjne jamais je n'irais à l'île de Cythère Flanqué de deux témoins assistant un notaire : Mais aussi que d'écueils au métier des galants I A piper une dupe et courir les brelans On a du mal, et tout n'est pas couleur de rose 1 Parfois d'une eau suspecte un bourgeois vous arrose, Et des sergents, dont l'œil sur vos pas se collait, Au sortir d'un tripot vous happent au collet, Tandis que Cidalise au milieu du tapage Fuit à pied dans la crotte en appelant son page. C'est triste 1 Colombine a le cœur indulgent : Elle trouve souvent, très souvent de l'argent. Elle est industrieuse et femme de ressource ! Jamais de tant de biens je n'ai connu la source : Là-dessus comme amant si je fermais les yeux. Comme mari je puis les fermer encor mieux.
Mais voici le bonhomme, abordons-le.
Orgon sort de che\ lui, et se parle à lui-même sans voir Léandre.