‹ Comédies (volume 2)Chapitre 61 sur 182 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

LUCIKDE.

Monseigneur...

OLIVIER, à Lucinde.

Les plus beaux yeux qu'on vante Ne valent pas ceu^-ci.

CÉLIDÉE, à Guillemette.

Va presser le festin.

Guillemette sort.

HARDY, à Célidée.

Madame, nous rendons grâce à notre destin, Puisque notre infortune, aussitôt adoucie, Nous vaut tant de faveurs dont je vous remercie. Nous ne troublerons pas vos heures; nous passons. Et, nourris dès l'enfance au bel art des chansons. Mes compagnons ont tous l'humeur vive et plaisante. Mais il sied, n'est-ce pas? que je vous les présente. Voici donc, car chacun doit venir à son tour.

Désignant Amarante et Lucinde.

Deux cruelles que suit le mendiant Amour, —

OLIVIER

En effet, deux Vénus I

HARDY, continuant.

Amarante et Lucinde.

Montrant Amarante.

On voit dans ces yeux-là les diamants de l'Inde,

Montrant Lucinde.

Et là nos cœurs sont pris avec des tresses d'or.

AMARANTE, à Célidêe.

Il ment un peu.

HARDY, continuant à présenter les comédiens.

Voici le seigneur Rosidor, Un brave qui, dans maint combat au clair de lune, Put faire voir un cœur plus grand que sa fortune. Sa vie est, j'imagine, un roman curieux Où sa vaillance rare et ses coups furieux De ses persécuteurs ont déjoué les trames.

Voici deux ans passés que nous le rencontrâmes. Vers l'heure où le soir tombe, à l'angle d'un chemin. Vêtu comme un seigneur, et l'épée à la main.

Son bras, toujours vainqueur, venait de mettre en fuite Quatre hommes ; d'autres gens étaient à sa poursuite. En un si grand péril, nous le primes alors Sur notre chariot, pour tromper leurs efforts. C'est ainsi qu'il entra dans notre compagnie, Où notre art pour un temps occupe son génie.

ROSIDOR

Il dit bien, car je fus, en des chemins divers. Porteur d'épée avant de réciter des vers.

Et la Victoire était ma plus fidèle amante.

OLIVIER

La Victoire eut alors bon goût.

HARDY, désignant les deux derniers comédiens.

Monsieur Pymante Et monsieur Jodelet. Pymante et Jodelet Ont fait figure, l'un en roi, l'autre en valet. L'un est fort maigre ; l'autre a le nez qui flamboie . L'un est triste et pensif; l'autre crève de joie.

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