ACTE I, SCÈNE V I
SCÈ'K.E V
PYMANTE, JODELET, ROSIDOR, AMARANTE, LUCINDE, OLIVIER, HARDY, SYLVAIN, CÉLIDÉE, FLO- RISE.
CÉLIDÉE, entrant aux côtés de Fîorise, qui donne la main à Olivier.
Enfin, belle Florise, Je vous vois, et ne puis vous cacher ma surprise Devant ce front d'enfant dont le lys est jaloux. Oui, j'admire comment le ciel unit en vous Tant de jeunesse avec une gloire si rare, Et tous les dons qu'ailleurs il mesure en avare.
FLORISE, à Célidée.
Avant d'avoir franchi votre seuil, j'ai déjà
Su comment votre main divine protégea
Le destin d'Atys, noble et pur comme une lame
D'épée au grand soleil. Mon vain renom, madame.
Disparaît, quelque heureux prestige qu'il ait eu,
Devant le mâle eflfort de votre humble vertu 1
CÉLIDÉE, à Florise.
Flatteuse I
BaSf à Olivier.
Elle est charmante.
OLIVIER, has, à Céîidée.
Oh I dites, quelle douce Musique, cette voix 1 Un ruisseau dans la mousse Murmure et chante ainsi.
Haut, à Florise, qu'il âdharrasse de son manteau.
Donnez-moi ce manteau.
Madame. Vous plaît-il d'entrer dans le château ? L*air du matin pourrait flétrir votre visage.
FLORISE, faisant d'abord le mouvement de suivre Olivier, puis s'arrêfanf, regardant autour ^elle les ombrages du parc, et comme extasiée.
Laissez-moi voir encor ce divin paysage !
Ombre délicieuse et fraîche! QuMl est beau,
Ce parc sombre et discret, profond comme un tombeau.
Où les arbres géants, témoins de tant d'histoires.
Cachent des nids d'oiseaux dans leurs frondaisons noires 1
Il est triste et pourtant joyeux, presque riant.
Son château féodal regarde à l'orient;
Près de nous, sous l'abri de ce grand sycomore,
On entend murmurer sa fontaine sonore ;
Et de ces longs palais de charmille où bruit
Comme un soupir, dans la fraîcheur et dans la nuit.
Et des rochers où pend la liane, et des marbres
Mystérieux, cachés sous les branches des arbres,
De tout ce monde ému, frissonnant et dormant
A l'aurore, s'exhale un tel enchantement
Délicieux, tranquille, exempt d'inquiétude;
Il est si doux de voir en cette solitude
La colombe ouvrir l'aile et la rose fleurir, —
N'est-ce pas? — qu'on voudrait ici vivre, et mourir
Ici, par la chanson de ces ruisseaux bercée 1