ACTE II, SCÈNE IV I
9Qjic faites-vous de mieux
ROSIDOR
Je rêve.
HARDT, ai«c ironie.
A quoi, seigneur?
ROSIDOR
A mes aïeux 1 // sort avec un geste superbe.
SCÈ'K.E IV
HARDY
Eux, des comédiens 1 — Non, des marionnettes Que le chasseur Amour, grand diseur de sornettes. Amuse, et, les tournant de face ou de proHl, D'un doigt capricieux agite au bout d'un fil 1 Ils sont tous fous ! Voilà Rosidor qui courtise La belle dame, à l'âme en fleur comme un cytise ; Amarante et Lucinde, ainsi que l'épervier, Fondent à qui mieux mieux sur le comte Olivier ; Agiles et déjà frémissantes de joie.
C'est à qui va ravir cette innocente proie. Pymante et Jodelet, ardents comme des loups, Poursuivent Guillemette encore. Bs sont tous fous. Quant à ma comédie, on voit que leur caprice L'abandonne gaiement. Le lait de leur nourrice, Ils s'en souviennent; mais, sous ces ombrages verts. Mes acteurs en délire ont oublié mes vers 1 O muse des chansons 1 ton chariot méprise Le sang pur de ta vigne I Heureusement, Florise Me reste ; celle-là, franche comme le jour.
N'est pas un vain jouet pour l'indocile Amour. Drame auguste, Florise est ta sévère amante : Tenir ton glaive sombre ou ta torche fumante. Voilà ses jeux; son cœur céleste et vigilant S'enivre, Poésie, avec ton vin brûlant Dont sa lèvre de feu n'est jamais essuyée 1
Apercevant Florise et Olivier, que le spectateur ne voit pas encore.
Mais qui vient par ici ? Dieux I c'est elle appuyée Au bras du comte. Il est troublé comme un amant, Et Florise, je crois, lui parle tendrement.
Elle, mon seul recours 1 La méchante Florise 1 N'écoutons pas cela. Fuyons.
Hardy veut s'enfuir, mais à ce moment même entrent Olivier et Florise, continuant un discours commencé, et dans l'attitude où il vient de les décrire; il n'a que le temps de se cacher derrière un feuillage. Il écoute ainsi maigre' lui les premiers vers de la scène suivante, et sort furieux, en haussant les épaules, au moment où Olivier vient de prononcer ces mots : Je vous aime.
Seigneur, U brise S'envole; quand le flot par le flol obscurci Fuit pour jamais, peut'On lui dire : Resie ici î Cette oude, qui toujours nous délaisse, est l'cmblèmi
is que je vous a.me, l'est matériel,
e tombe en moi comme un dictam
Une comédienne, enËn, Je ne Une (erame. Hippolyle affronii Héline, Ipbigénie en pleucs qi
Non, vous ne l'aimez pas I car Florise n'est rien Qp'un luth, indifférent quand le musicien Ne le tourmente plus avec l'archet sonore.
Un luth, et rien de plus, seigneur,
OLIVIER
Je vous adore!
Vous parlez et je sens mes veines s'embraser D'un feu subtil qui court sur moi comme un baiser. Je regarde briller vos cils 1 Votre sourire De lumière m'emplit de joie et me déchire.
Mon cœur enchanté bat au rhythme de vos pas.
Et je sens que je meurs si vous ne m'aimez pas !
Enfant 1
OLIVIER
Oui, vous avez raison. Voyez, je pleure Maintenant, et je suis un enfant. Tout à l'heure Je n'étais rien, j'étais mort. Vos yeux, clair flambeau. M'ont éveillé captif dans la nuit du tombeau. Et devant la lumière adorable et ravie M'ont traîné pour souffrir et m'ont donné la vie.
FLORISE, un peu émue et wulant partir.
Adieu, comte.
O ma vie 1 Écoute, c'est Un jeu Cruel ! Ne t'en va pas. Ne me dis pas adieu I Ne brise pas ainsi la coupe où je m'enivre!
Avec une explosion d'amour.
C'est si bon de vous voir, et c'est si bon de vivre !