‹ Comédies (volume 2)Chapitre 82 sur 182 · ACTE II, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VII

Sois fier de ton courroux et de ta violence.

Un fiot de pleurs amers dans mes yeux demi-clos Roule, et j'entends en moi dans le morne silence Ton orage frémir et gronder tes sanglots.

Enfonce dans ma chair tes ongles avec joie I

Pleure et voltige autour De mes tempes 1 — Je suis ton bien, je suis ta proie.

Dieu redoutable, Amour 1

Oui, le cœur tout brûlé de tes divines fièvres. Je te supplie, Archer subtil et décevant, Puisque en cette poitrine ardente et sur mes lèvres. Hors ton souffle, je n'ai plus rien qui soit vivant 1

Entre HarJy, pensif, et tenant à la main un cahier qu'il lit. — Tout à coup, il aperçoit Florise encore toute troublée de son exaltation solitaire, et quitte sa lecture.

Je bénirai ta main qui tue et martyrise, £t je suis à toi 1 Prends ta victime.

Apercevant Hardy.

Ahl

SCÈlsLE VII FLORISE, HARDY.

HARDT, à part.

Florise 1 Au risque cette fois d'affronter son courroux. Sachons jusqu'où le mal en est venu.

Hardy?

FLORISE, haut.

C'est VOUS,

HARDY

Je relisais ce rôle d'Hippolyte dui s*accorde si bien à votre esprit d'élite !

FLORISE, très distraite. D'un ton indifférent. Ah I — Nous verrons.

HARDY

Sans doute, et dès après-demain.

Ce personnage épique et cependant humain En qui la valeur brille, en qui l'amour veut naître. Qu'il sera séduisant sous vos traits !

Oui. — Peut-être.

HARDY, s' animant.

Excepté VOUS, qui donc en cet âge moqueur Eût pu nous Élire voir l'amazone au grand cœur, Échevelée au vent, dans les fleuves trempée.

Qui SOUS l'ardent soleil fait luire son épée ; La vierge pure aux yeux profonds, qui sur son flanc Serre dans les combats le grand arc teint de sang ? Oh ! vous seule, des temps renversant la barrière. Vous saurez évoquer cette grande guerrière !

Il se peut.

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