‹ Comédies (volume 3)Chapitre 112 sur 229 · FLORISE, HARDY · texte numérisé non relu

FLORISE, HARDY

HARDY, à part.

Florise!

Au risque cette fois d'affronter son courroux, Sachons Jusqu'où le mal en est venu.

FLORISE, haut.

C'est vous, Hardy ?

HARDY

Je relisais ce rôle d'Hippolyte Qui s'accorde si bien à votre esprit d'élite!

FLORISE, très-distraite. D'un ton indiffèrent. Ah ! — Nous verrons.

HARDY

Sans doute, et dès après-demain.

Ce personnage épique et cependant humain En qui la valeur brille, en qui l'amour veut naître,^ Qu'il sera séduisant sous vos traits!

FLORISE

Oui.— Peut-être. HARDY, s'animant.

Excepté vous, qui donc en cet âge moqueur

1(58 Florise.

Eût pu nous faire voir l'amazone au grand cœur, Échevelée au vent, dans les fleuves trempée, Qui sous l'ardent soleil fait luire son épée ; La vierge pure aux yeux profonds, qui sur son flanc Serre dans les combats le grand arc teint de sang? Oh ! vous seule, des temps renversant la barrière. Vous saurez évoquer cette grande guerrière !

FLO RI SE

Il se peut.

HARDY

Ses bras fiers, en leurs rébellions Ainsi que les héros ont vaincu les lions ; Elle est rude et superbe, et la bataille obscure A peur du vent de feu qui tord sa chevelure; Mais tout à coup, celui qui meurtrit le vautour Et le tigre, le seul victorieux, l'Amour La prend, et fait trembler sa main encore humide. La guerrière devient une femme timide ; Ses yeux cruels et froids comme des oiseleurs, Apaisés maintenant, se remplissent de pleurs! Dites, ce triomphant passé qu'un souffle emporte, C'est beau, n'est-ce pas ?

FLORISE, d'mi ion glacé.

Oui, c'est très-beau.

Avec impatience.

Que m'importe

HARDY, stupéfait.

Que vous importe! Allons, je suis fou. Depuis quand

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