SCÈNE IV
HARDY, FLORISE, OLIVIER, /-«ù SYLVAIN.
OLIVIER, entrant, et admirant Florise transfigurée par son émotion.
Comme vous êtes belle!
FLORISE, souriant.
Vous trouvez, monseigneur?
OLIVI ER.
Oh! si belle!
FLORlSE.
Merci!
OLIVIER, s' animant.
Je ne vous avais pas encore vue ainsi, Rayonnante d'un tel sourire séraphique, La pourpre au front, le sang aux lèvres, magnifique D'animation !
HARDY, à Olivier.
C'est que nous parlions tous deux Du théâtre, de ses prestiges hasardeux.
Et le ressouvenir de la Muse éternelle, Planant sur ce beau front, l'a touché de son aile. Craignez, monsieur, craignez que Florise bientôt Ne cesse d'être belle ainsi!
ipS Florisc.
OLIVIER, avec force.
Non. — Quel dcvot A vu déchoir le Dieu dont il est idolâtre? Si le ressouvenir de ce rien, du théâtre, A pu sur son front pur verser tant de clarté, Qu'y mettront donc la vie et la réalité? Puisque la fiction, le vain portrait des choses Le fait rougir, — alors l'éclat sanglant des roses Y devra pour toujours fleurir charmant et doux Sous le rayonnement du bonheur!
HARDY, avec ironie.
Croyez-vous?
OLIVIER
Oui, je le crois. Il est si bon d'être crédule!
HARDY
Le vert palmier grandit au soleil qui le brûle, Mais son feuillage aimé du ciel se corromprait Dans vos jardins !
SYLVAIN, enlraut. — A Hardy.
Monsieur, le chariot est prêt.
HARDY
Tant mieux!
SYLVAIN
Parfaitement raccommodé. Sa roue Brisée est à présent lisse comme la joue D'une fille.