Acte III, Scène IV
H ARDY.
Merci, mon brave!
SYLVAIN
Et moi, je viens, Selon vos ordres, — car, monsieur, je me souviens De vos paroles. —
HARDY
Bon! —
SYLVAIN
Vous en informer vite.
On n'a pas épargné le f^ir ; et, s'il évite Les pierres, désormais n'en redoutez plus rien.
HAR DY
Merci.
Avec foie.
Le c'.iariot! le chariot! — Fort bien!
Le chariot!
A Olivier.
Monsieur, venez le voir. Il louche
A ses trente ans; il est d'une mine farouche,
Non pas orné de cuir et d'attaches d'acier,
Mais façonné d'un fer rude et d'un bois grossier.
Un charron de village, il est bon qu'on le sache.
L'a fait et l'a tiré de l'arbre, à coups de hache ;
11 n'est guère plus beau que ne l'était jadis
Le pauvre chariot que notre aïeul Thespis
Promenait par l'Attique heureuse, où son nom vibre.
En célébrant Bacchus, le dieu vivant et libre;
Florise.
Mais tel qu'il est, toujours baigné par le ruisseau Des grands chemins, il fut le sublime berceau, — Ne l'oublions jamais, où notre France éprise A vu naître et grandir la gloire de Florise! Venez le voir! Il fut à son destin lié. Plût à Dieu qu'elle aussi ne l'eijt pas oublié!
OIIVIER, avec ironie.
Je vous suis donc. Je veux, en son rude amalgame, Admirer ce chef-d'œuvre austère.
A Florise.
Et vous, madame, Voulez-vous voir aussi le chariot, — par jeu?
FLORISE, gaiement.
Allons. Ne faut-il pas que je lui dise adieu, Et qu'au moins je salue en sa parure agreste, Ce fidèle ami qui s'en va...
Regardant Olivier avec amour.
Puisque je reste!