‹ Comédies (volume 3)Chapitre 136 sur 229 · Acte IV, Scène III · texte numérisé non relu

Acte IV, Scène III

OLIVIER, à F Ion se. — D'un ton provoquant.

Monsieur Hardy n'a pas compté sur vous, peut-être, Pour le jouer!

HARDY, à Olivier.

Oh! non, monseigneur ! — C'est un maître Savant qui m'a donné ses leçons. Je sais bien Que Florise avec nous désormais n'a plus rien De commun! — L'ignorer! Ah! ce serait folie. N'ai-jc pas oublié tout le passé? J'oublie Même l'heure bénie où son talent naissait. Puisqu'il le faut !

FLORISE, à Hardy.

Quelle est votre Hippolyte }

HAHD Y.

C'est Lucinde. — Elle n'est pas encore une Florise! Mais l'Art, ce Dieu plus grand que les rois, ne méprise Personne. Son rayon de feu, brûlant et pur. S'il le veut, peut toucher le front le plus obscur Et cette enfant, que nul intérêt ne tourmente. Aura des accents vrais, peut-être. \

•FLORISE

Elle est charmante.

C K L I D É E , à Hardy.

Quand verrons-nous, monsieur, ce divertissement?

2o8 Florise

HARDY

Si vous le voulez bien, à ce même moment. Car, pareil au bûcher oià meurt l'amant d'Omphale, Voyez, le soleil met sa pourpre triomphale Sur les monts. Ce beau parc, voilà l'essentiel, Nous fournira de vrais arbres et le vrai ciel, Décor vivant, oîi l'ombre aux clartés s'entrelace.

OLIVIER

Bien. Comme il vous plaira.

Veuillez donc prendre place.

Les comédiens se retirent au fond de la scène, où ils se rangent en cercle, laissant libre la place où ils doivent représenter les scènes de L'Amazone Hippolyte, annoncées par Hardy. En même temps, Olivier conduit Célidèe et Florise à l'hémicycle de marbre, où ils s'asseyent tous trois, et derrière lequel Guillemette et Sylvain se tiennent debout.

OLIVIER, offrant la main à Florise pour la conduire à sa place.

Voulez-vous ?

FLORISE, gaiement.

Cher seigneur, j'ai tant de fois Joué, Sous ma tristesse feinte ou mon masque enjoué, La gloire et les malheurs de la race d'Hélène, Qu'il me plaît de les voir en dame châtelaine !

OLIVIER, à Florise.

Cher cœur!

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