‹ Comédies (volume 3)Chapitre 37 sur 229 · KROS · texte numérisé non relu

KROS

Mais sache auparavant quelle flamme dévore

Le printemps de ma vie, et combien je t'adore !

Je suis Endymion, un berger fils de roi.

Diane, le soleil de mon âme, c'est toi !

La nuit, lorsque ton char de diamant s'élance

Dans l'infini, je cours au bois plein de silence.

Dans les plis des rochers hideux, où se suspend

La ronce, je me glisse et j'avance en rampant.

Je suis ta chasse errante sous les blancheurs de lune.

Tes Nymphes au hallier sauvage ou sur la dune

Te précèdent. Enfin, sur le gazon naissant

Tu parais, jeune et svelte et le pied bondissant.

Je cherche dans tes yeux le vol de tes pensées

Noires d'ombre et d'azur. Les étoiles glacées

Admirent en fuyant l'héroïque rougeur

De ton front virginal ; et moi, pâle, songeur.

Ébloui de rayons, sentant croître la fièvre

Qui me brûle, je vois de loin briller ta lèvre

Dédaigneuse, aux clartés de ton astre changeant.

Cette lumière rose et ces flammes d'argent

Se confondent ensemble et m'emplissent de joie.

Mon regard alangui dans tes cheveux se noie,

Sur tes pas, épiant alors chaque détour.

Je marche déchiré d'épouvante et d'amour,

Et je te suis!

Page 1