KROS
Mais sache auparavant quelle flamme dévore
Le printemps de ma vie, et combien je t'adore !
Je suis Endymion, un berger fils de roi.
Diane, le soleil de mon âme, c'est toi !
La nuit, lorsque ton char de diamant s'élance
Dans l'infini, je cours au bois plein de silence.
Dans les plis des rochers hideux, où se suspend
La ronce, je me glisse et j'avance en rampant.
Je suis ta chasse errante sous les blancheurs de lune.
Tes Nymphes au hallier sauvage ou sur la dune
Te précèdent. Enfin, sur le gazon naissant
Tu parais, jeune et svelte et le pied bondissant.
Je cherche dans tes yeux le vol de tes pensées
Noires d'ombre et d'azur. Les étoiles glacées
Admirent en fuyant l'héroïque rougeur
De ton front virginal ; et moi, pâle, songeur.
Ébloui de rayons, sentant croître la fièvre
Qui me brûle, je vois de loin briller ta lèvre
Dédaigneuse, aux clartés de ton astre changeant.
Cette lumière rose et ces flammes d'argent
Se confondent ensemble et m'emplissent de joie.
Mon regard alangui dans tes cheveux se noie,
Sur tes pas, épiant alors chaque détour.
Je marche déchiré d'épouvante et d'amour,
Et je te suis!