‹ Comédies (volume 3)Chapitre 4 sur 229 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

ÉROS, GNIPHON.

E ROS

Ah ! méchant !

// lie Gniphon avec des branches d'églantier. Tiens ! raille encor les Dieux jaloux ! épie encore La foret ! un lien de roses te décore, Montre aux Nymphes ce front qui les ensorcela ! Méchant Satyre!

GNIPHON, s'évcillant eu sursaut.

Hein! Que veut dire cela?

// regarde autour de lui ; mais Eros est caché. Guiphou ne voit personne.

Parlez. Où suis-je ? On m'a lié, quelle folie ! Laissez-moi. Je veux fuir. Je défends qu'on me lie. Par le Styx !

ÉROS, se montrant tout à coup et riant. Tu défends !

G N 1 i' H O N , pleurant et joignant les mains.

Non, je te prie, helas !

Est-ce toi, cher enfant, toi, bon berj^er Hylat;, Qui m'as pu maltraiter do la sorte?

r. ROS.

Moi-mêiiivi.

'Diane au bois.

Délivre-moi !

ÉROS

Non pas.

GNIPHON.

Rends-moi le bien suprême, La liberté I Vois-tu, mon visage est bouffon; Mais j'ai le cœur si doux ! Je t'aime.

ÉROS, feignant de sortir.

Adieu, Gniphon.

GNIPHON, dcsoU.

Veux-tu ma flûte, dis ? Que te faut-il pour être

Généreux ? Je te garde une coupe de hêtre

Sur laquelle un renard mord des raisins touffus !

Et je te guiderai vers des antres confus

Où les Nymphes, pliant leurs bras en guise d'ailes.

S'endorment en plein air comme des hirondelles.

Ami, délivre-moi ; je suis vaincu. J'ai faim.

ÉROS, déliant Gniphon. Avec dédain.

Va donc te faire pendre!

GNIPHON, triomphant et fanfaron.

Ah ! je suis libre enfin !

Imprudent ! tu sauras la peine qu'on s'attire A navrer sans motif un honnête Satyre ! Sur ma discrétion tu peux mettre une croix. Ah ! tu viens nous tailler des croupières ! Tu crois

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