SCENE II
ÉROS, GNIPHON.
E ROS
Ah ! méchant !
// lie Gniphon avec des branches d'églantier. Tiens ! raille encor les Dieux jaloux ! épie encore La foret ! un lien de roses te décore, Montre aux Nymphes ce front qui les ensorcela ! Méchant Satyre!
GNIPHON, s'évcillant eu sursaut.
Hein! Que veut dire cela?
// regarde autour de lui ; mais Eros est caché. Guiphou ne voit personne.
Parlez. Où suis-je ? On m'a lié, quelle folie ! Laissez-moi. Je veux fuir. Je défends qu'on me lie. Par le Styx !
ÉROS, se montrant tout à coup et riant. Tu défends !
G N 1 i' H O N , pleurant et joignant les mains.
Non, je te prie, helas !
Est-ce toi, cher enfant, toi, bon berj^er Hylat;, Qui m'as pu maltraiter do la sorte?
r. ROS.
Moi-mêiiivi.
'Diane au bois.
Délivre-moi !
ÉROS
Non pas.
GNIPHON.
Rends-moi le bien suprême, La liberté I Vois-tu, mon visage est bouffon; Mais j'ai le cœur si doux ! Je t'aime.
ÉROS, feignant de sortir.
Adieu, Gniphon.
GNIPHON, dcsoU.
Veux-tu ma flûte, dis ? Que te faut-il pour être
Généreux ? Je te garde une coupe de hêtre
Sur laquelle un renard mord des raisins touffus !
Et je te guiderai vers des antres confus
Où les Nymphes, pliant leurs bras en guise d'ailes.
S'endorment en plein air comme des hirondelles.
Ami, délivre-moi ; je suis vaincu. J'ai faim.
ÉROS, déliant Gniphon. Avec dédain.
Va donc te faire pendre!
GNIPHON, triomphant et fanfaron.
Ah ! je suis libre enfin !
Imprudent ! tu sauras la peine qu'on s'attire A navrer sans motif un honnête Satyre ! Sur ma discrétion tu peux mettre une croix. Ah ! tu viens nous tailler des croupières ! Tu crois