Acte II, scène VI
Il faut partir.
Dia}ie a semblé ne pas entendre les paroles de Mèlite el d'Eunice. Elle est restée immobile, l'œil fixe, et comme absorbée par unepensée secrète. Comme elle, Glaticè garde un morne silence. Enfin Eunice et Mèlite remarquent la rêverie de Diane, et parlent tout bas entre elles.
MELITE, montrant Diane à, Eunice.
Vois donc. On la dirait perdue En un songe.
E u N I c Ej bas à Mèlite.
Ses yeux parcourent l'étendue Et semblent près de nous chercher quelqu'un d'absent.
On dirait qu'en ces lieux un charme tout-puissant La tient captive.
DIANE, à part.
Érosl
Éveillée ioul à coup el comme en sursaut par son propre cri, Diane s'apprête à partir avec ses Nymphes. Au moment où elles vont gravir le coteau, entre Éros, beau, triomphant, tenant à la main son grand arc d'or, coiffé du bonnet phrygien, et portant sur son épaule la dépouille du lion de Némée. Il s'avance fièrement, le regard assuré, puis il vient s'agenouiller devant Diane, dans une attitude pleine à la fois d'orgueil et de respect.
É R O 8j à Diane.
Aux clartés de l'aurore Rougissante, un coupable au cœur tremblant implore
66 Diane au bois.
Ta pitié, car l'exil courbe son front si fier.
Ah! conjure pour lui le puissant Jupiter!
Ne l'abandonne pas dans la vallée amôre
Des hommes, et rends-lui les baisers de sa mère !
Celui qui te supplie à genoux en ce lieu.
C'est le nocher fatal de Cypre ; c'est le Dieu
Superbe, qui jamais n'a supplié personne !
C'est le sanglant chasseur, dont le carquois résonne
De flèches d'or; celui que révère Ilion
Et qui dompte les Dieux cruels et le lion.
C'est le vainqueur d'Alcide à la trace enflammée,
Qui porte la dépouille horrible de Némée.
Il t'implore !
M É L I T E, suppliant Diane.
Diane, il périrait d'ennui !
Pardonne-lui !
EUNICE.
Son front est doux, pardonne-lui
M É LIT E
C'est un enfant !
EUNICE.
D'ailleurs, n'es-tu pas la plus forte?
MÉLITE
Pardonne.
EUNICE.
Exauce-nous, Glaucé n'a pas osé mêler ses prières à celles de Méliie et (fEunice ; mats sou altitude, son geste, l'expression de son visage supplient et trahissent son an-