Scène VIII
COLOMBINE, à Orgon.
Où sont Les vôtres?
ORGON
Je m'y perds vraiment! Qu'est-ce qu'ils ont? Haut à Léandre.
Ne m'avais-tu pas dit, aussi vrai que je m'aime, Que tu m'apporterais cent écus ici même?
LÉANDRE, haut à Orgon.
Cet argent que je vous promettais...
COLOMBlNEj comprenant tout, à Orgon.
Est celui Que vous me promettiez.
ORGON, montrmi Léandre.
Moi, je comptais sur lui !
COLOMBINE, à Léandre.
Donc Messine, ton frère Octave, les corsaires...
LÉANDRE
C'était pour t'obtenir.
ORGON
Vous êtes deux faussaires.
Je devrais, et j'en sens quelque tentation, Vous donner à tous deux ma malédiction.
COLOxMBINE.
Mon père !...
io8 Le Beau Léandre.
ORGON, à part.
Il n'est que temps de marier ma fille. Je la sens de mes doigts couler comme une anguille.
Haut.
Épousez-vous, l'argent ne fait pas le bonheur.
LÉANDRE, à part.
Ainsi je me serais marié pour l'honneur !
Haut à Orgou.
Tenez, monsieur Orgon, je sais, père modèle, Ce qu'il vous coûterait de vous séparer d'elle. D'ailleurs, vous n'aimez pas mes procédés errants. Vous ne m'estimez guère, allez!
Jetant Colombiiie dans les bras d'Orgon.
Je vous la rends!
ORGON, à Léandre.
Non, amant généreux, tu l'auras, je l'atteste,
Et son père avec toi ne veut pas être en reste.
Il jette Coloinhine dans les Iras de Léandre.
LÉANDRE
Gardez-la, mes esprits y sont bien résolus. Je ne veux pas vous en priver.
Même jeu avec Colomhine dans les bras d'Orgon.
ORGON, la lui rejetant.
Ni moi non plus.
LEANDRE, même jeu.
Entre nous le destin avait mis trop d'espace. Je vous la restitue !