Acte I, scène III
Vêtu comme un seigneur, et l'épée à la main. Son bras, toujours vainqueur, venait de mettre en fuite Quatre hommes; d'autres gens étaient à sa poursuit?. En un si grand péril, nous le prîmes alors Sur notre chariot, pour tromper leurs efforts. C'est ainsi qu'il entra dans notre compagnie, Où notre art pour un temps occupe son génie.
ROSIDOR
Il dit bien, car je fus, en des chemins divers, Porteur d'épée avant de réciter des vers, Et la Victoire était ma plus fidèle amante.
OlIVIER.
La Victoire eut alors bon goût.
HARDY, désignant les deux derniers comédiens.
Monsieur Pymante Et monsieur Jodelct. Pymante et Jodelet Ont fait figure, l'un en roi, l'autre en valet. L'un est fort maigre ; l'autre a le nez qui flamboie. L'un est triste et pensif; l'autre crève* de joie.
PYMANTE, d'une voix de tonnerre.
L'autre, c'est moi.
OLIVIER, regardant h nez de Pymante.
J'en puis juger à ces rayons De pourpre.
HARDY, à Olivier.
Enfin, monsieur le comte, nous avions
izS Florise.
Une compagne encor. Celle-là...
OLIVIER
Que n'est-elle Venue ?
HARDY
Imaginei les traits d'une immortelle, Un esprit qu'il nous faut adorer à genoux ; Un cœur... Je ne l'ai pas amenée avec nous, Parce qu'elle n'est pas de celles qu'on expose Aux périls d'un accueil incertain.
LU CI NDE.
Je suppose Qu'alors nous sommes, nous, de celles-là.
HARDY, à Lucinde.
Pardon A Olivier.
Mais celle dont je parle a reçu, comme un don Des cieux, la grâce pure avec la poésie : De ses lèvres de feu coule cette ambroisie, Et sur sa bouche rosi, où le printemps sourit, La rapide lueur qui vient de son esprit Brille et voltige, ainsi qu'une tleur de lumière. Chez un pauvre berger très-vieux, dont la chaumière S'éclaire aux feux charmants de son oeil irisé, Elle est restée auprès du chariot brisé, Et c'est Florise, enfin !
C ÉLI D ÉE.
Quoi ! l'illustre Florise !