‹ ComédiesChapitre 147 sur 271 · SCÈNE IV. J · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. J

merci: h h.

Non pasT Venus. Ta gloire aussi s'efface! Je veux être berger l Soit. Mais que Ton te fasse Bergère! Ces joyaux, dont le ciel est jaloux, Tu ne les auras plusl ni ces parfums si doux Que les Grâces versaient sur tes robes hautaines !

0 Dieux l

MERCURE

Tu laveras tes bras dans les fontaines!

VÉNUS

Dans les fontaines 1 De l'eau purel

MERCURE

Et si tu veux

Qu'on célèbre ton front de reine ou tes cheveux, Des bouviers mal léchés, que le désert façonne. Te diront ces douceurs 1

VÉNUS

Des bouviers! Je frissonne.

MERCURE, à part.

Je te tiens dans ma main, Déesse au front charmant!

Et, pour te racheter de ton fatal serment,

Cypris, tu ne peux me refuser la ceinture.

Mais quoi! fi de si plats moyens! quelle imposture

Piteuse! — Qui sera de sa gfoire jaloux

Si ce n'est moi, le roi superbe des filous,

Qui sus dérober, fier de ma divine essence,

Les troupeaux d'Apollon, le jour de ma naissance!

Sois noble, ô mon génie, et laissons en ce lieu

Le souvenir d'un vol qui soit digne d'un Dieu !

Regardant Vénus & la dérobée.

Elle est charmante avec cette petite mouel —

A présent, c'est ton cœur, Cypris, que je te jouel

Haut, à Vénus.

Tu garderas ta place au chœur olympien. Je te rends ton serment. Je ne veux rien.

VÉNUS, étonnée.

MERCURE

VÉNUS

Rien!

Rien.

Tu m'étonnesl

MERCURE

Je vais t'étonner plus encore I

Tu m'as trompé, tu m'as exilé; je t'adore

Et te bénis ! Cypris, croiras-tu désormais

A la sincérité de mes paroles?

Mais L'inflexible courroux de Jupiter?

MERCURE

Qu'importe Si le palais sacré ferme sur moi sa porte Et si je ne vois plus les demeures des Dieux? Je le subirai seul; ce courroux odieux, Et pour moi, pauvre fou qui t'adore et qui t'aime, Si tu ne me hais plus, l'exil c'est le ciel même!

VÉNUS, touchée.

On ne te connaît pas !

MERCURE, en tartuffe.

Non. Mais toi, maintenant, Tu me connais!

VÉNUS

Les Dieux loin du ciel rayonnant

SCÈNB IV. 277

Vont Veiller ï Tu pars charge de leur disgrâce l Mais moi, je iipj suis pas de celles qu'on surpasse En générosité. Que ton frunt abattu Se relève! Tu dois fuir l'Olympe! Veux-tu , Ma Cypre bien-aimée, et ces villes d'où monte Vers moi l'encens? Paphos, Idalie, Amathonte? Dis, veux- tu Salamine, enchantement des cieux?

MERCURE

Je voudrais, je l'avoue, un bien plus précieux Que Paphos, Amathonte, et même Salamine!

VÉNUS

Ces joyaux, que le feu des rubis illumine, Plus brillants que jamais aux cieux n'étincela Le matin, les veux- tu?

MERCURE, avec intention.

Non. Ce n'est pas cela Que je voudrais.

VÉNUS

Veux-tu ces agrafes ? ces boucles De saphirs? ces colliers où de mille escarboucles Frémit l'éclair, qui met l'univers sous ma loi?

MERCURE

Non. Je veux plus encor!

VÉNUS

Veux-tu... que sais-je, moi!

Ma ceinture !

MERCURE, laissant échapper un cri de joie et de triomphe

Ah!

VÉNUS

C'est donc cela?

MERCORE, composant immédiatement son visage et affectant une profonde indifférence.

Non. Ta ceinture 1 Quelle folie 1

VÉNUS, à part.

H n'en veut pas l

Haut.

Prends-la, Mercure.

Tiens. Prends-la pour charmer l'ennui de ton exil.

MERCURE, hypocritement.

A quoi bon? Qu'en ferais-je?

VÉNUS, à part.

Au fait, qu'en ferait-il ?

Haut.

Si. Prends-la. Je le veuxi

Lui mettant la ceinture dans la main.

Accepte- la, te dis-je.

MERCURE, prenant la ceinture des mains de Vénus.

Cette ceinture émue et vivante, 6 prodige!

Tu me l'offres, a moi, Cypris! En vérité

J'en rougis 1 Dieu connu pour mon austérité,

D'un œil indifférent et sec je la regarde,

Mais, puisque tu le veux, chère âme... je la garde I

VÉNUS, stupéfaite.

Ma ceinture l MERCURE, voulant cacher dans sa poitrine la ceinture de Vénus. Les feux dont elle m'enflamma Brûleront à jamais cette poitrine !

VÉNUS

Ma

Ceinture 1

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