‹ ComédiesChapitre 152 sur 271 · ACTE I, SCÈNE T. ggg · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE T. ggg

OLIVIER, kiïsairt In main il<ï CëJïd&e.

Guère Ame, TOUS avez, plus Un il ru rprtine mère, Sacrifié pour moi la .jeunesse éphémère, La libellé, l'amour, tous les Liens enviés!

CÉLIDÉE.

Que me fait tout cela, pourvu que vous viviez ! Pourvu que vous soyez heureux !

OLIVIER

Oui, je veux vivrai Dans le tumulte et dans le bruit qui nous enivre, Je veux près de mon front sentir le- vent du fer !

CÉLIDÉE.

Hélas!

OLIVIER

Je veux avec le frissonnant éclair Courir où le drapeau flotte, où le clairon sonne. Le roi Henri, dit-on, va combattre en personne; H est tout près de nous, à Tours. Or, j'ai souci D'aller, sans perdre temps, lui dire : Me voici, Je me nomme Olivier d'Atys.

CÉLIDÉE.

La belle flamme I Allez donc, et soyez brave.

OLIVIER

Mais quoi ! chère âmej Vous pleurez!

CÉLIDÉE, retenant ses larmes.

Ohl le sang d'Atys est bien vermeil, Nous le savons, et veut paraître au grand soleil Quand la guerre en hurlant déchaîne sa fanfare ! Je ne vous dirai pas, ami, d'en être avare ;

390 flûiuse.

Mais moi! je resterais seule, n'ayant rien eu En partage, en ce vieux château désert et nu Regardant l'avenir vide et le passé vide, Et sans cesse cherchant à voir d'un œil avide Où seraient dispersés les débris de mon cœur I

OLIVIER

Non pas, je reviendrai brillant, heureux, vainqueur, Célèbre, et celle à qui je dirai : Je vous aime, Sera fière. Oh! l'Amour! je crois le voir lui-même, Ce tyran de nos cœurs, triste et délicieux, A cette heure deux fois charmante au front des cieux Où le brillant matin dans la pourpre se lève 1

CÉLIDÉE, pensive.

L'amour I

OLIVIER

Oui. Laissez-moi vous dire tout mon rôve. Il me semble parfois que sur le vert coteau Va paraître, venant ici dans ce château, Quelque princesse ornant sa chevelure fière De rubis, à la fois chasseresse et guerrière, Et dont la robe d'or frissonne ! Mais je suis Un fou de vous conter ma peine et mes ennuis Et les vagues espoirs dont j'ai l'âme inondée I Vous si calme toujours, ma tante Célidée, Vous n'avez pas connu ce mal cruel et doux A la fois, dont je souffre.

CÉLIDÉE.

Ami, qu'en savez-vous? Peut-être, quand la brise insoucieuse et pure Agitait sur mon front ma jeune chevelure, J'attendais, comme vous rêveuse, que céans ' Vint un jeune héros qui, vainqueur des géants,

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