‹ ComédiesChapitre 166 sur 271 · acte i, -scène v, 3fl · texte numérisé non relu

acte i, -scène v, 3fl

Madame. Vous plaît-il d'entrer dans le château? L'air du malia pourrait ftètrir voire visage -

?l> ilti^E fa.'* d'abord le xnouvemeui de suivre Olivier, puis s'arluiJLût, regardant autour d'elle lias ombrages du parc, et comme uxtaslèa,

FLOR1SE

Lassez-moi Toir encor ce divin paysage I

Ombre délicieuse et fraîche! Qu'il est beau,

Ce parc sombre et discret , profond comme un tombeau.

Où les arbres géants, témoins de tant d'histoires.

Cachent des nids d'oiseaux dans leurs frondaisons r,3ires!

Tl est triste et pourtant joyeux, presque riant

Son château f codai regarde à l'orient;

Près de nous, sous l'abri de ce grand sycomore,

Ou entend murmurer sa fontaine sonore;

Et de ces longs palais de charmille où bruit

Comme un soupir, dans la fraîcheur et dans la nuit,

Et des rochers où pend la liane, et des marbres

Mystérieux, cachés sous les branches des arbres,

De tout ce monde ému, frissonnant et dormant

A l'aurore, s'exhale un tel enchantement

Délicieux, tranquille, exempt d'inquiétude;

Il est si doux de voir en cette solitude

La colombe ouvrir l'aile et la rose fleurir, —

N'est-ce pas? — qu'on voudrait ici vivre, et mourir

Ici, par la chanson de ces ruisseaux bercée I

OLIVIER, avec feu.

Madame, plût à Dieu qu'une telle pensée.. .

HARDY, gaiement à Florise.

Ces arbres-là feront des jaloux, — oh! combien De jaloux! — Toutefois, ne leur reprochons rien, Nous qui vous emportons loin d'eux avant une heure I

OIIYIER, subitement rappelé à la réalité.

Si vitel

312 FLORISE

HARDY

L'oiseau libre a le ciel pour demeure, — .

JODELET

Et nous, les grands chemins. Toujours nous détalons Gomme Mercure, ayant des ailes aux talons. Ainsi l'a décidé le sort, que nul n'évite.

OLIVIER, à Florise.

Ne partez pas avant ce soir, — Oh ! pas si vite ! Attendez le zéphyr et le ciel attiédi.

Ne partez que ce soir !

FLORISE, se tournant gracieusement vers Hardy.

Le voulez-vous, Hardy?

HARDY

Comme nous ne jouons qu'après-demain, la chose Se pourrait; mais pendant cette agréable pause, Il nous faudrait un peu recorder entre nous La pièce.

PYMANTE

Comment doncl Nous serons heureux tous,

Montrant les comédiens.

Elles, nous, Jodelet, cet humble satellite, De réciter au mieux L'Amazone Hippolyte I

FLORISE, à Hardy.

Et, s'il se peut, nous vous rendrons vos vers savants Encor tout enflammés, poëte, et bien vivants!

OLIVIER, à Florise.

Entrons donc!

FLORISE, gaiement.

Oui.

Olivier offre sa main à Florise, et ils se mettent en marche vers le château. — Amarante et Lucinde s'approchent de Rosidor, qui, depuis un moment, regarde attentivement Célidée, puis, impatientées par sa distraction, s'éloignent.

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