ACTE 1 V, SCOE II J, 3b
FLOlUSE,
Ahf mon roîel
HARDY
Eti effet
OLIVIER, à Florise, — D'un ton provoquant,
Monsieur Hardy n'a pas compté sur vous, peut-Ctre, Pour Je jouer !
HARDY, à Olivier.
Olil non, munsei<>neurl — C'est ucf maître Savant qui mJa donné ses leçoos. Je sais bien Que Florise avec nous désormais n'a plus rien De commun I — L'ignorer! AL! eu serait folie. N"ai-jc pas oublie tout le passe? J'oublie Mrrne l'heure bénie Où son talent naissait, Pats qu'il le fautl
FLOR1SE, & Hardy,
Qucfle est votre Hippolvleï
HARDY
C'est Lucinde. — 'Elle n'est pas encore une Florise I Mais l'Art, ce dieu plus grand que les rois, ne méprise Personne. Son rayon de feu, brûlant et pur,
S'il lu vint, pont toucher le Iront le plus obscur, Et cette enfant, que nul intérêt ne tourmente, Aura des accents vrais, peut-être.
FLORISE
Elle est charmante.
CÉLIDÉE, à Hardy.
Quand verrons-nous, monsieur, ce divertissement?
* HARDY
Si vous le voulez bien, à ce même moment.
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Car, :
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Bien. Gomme il vous plaira.
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Nous allons di De notre second acte. En voici l'a Ho renie et son cousin » ttes
Barbares combattu les ;.
Le roi Thèse i De leur reine A Vent, a^ant de pailir el la liberté
La scène est entre eux deux.
Montrant Ludnûe et Rosidor.
Jf- laisse maintenant La parole aux acteurs, dont l'accord soutenant Les agréments épais dans mon humble poëtnef Lui donneront, j'espère, une beauté suprême.
célidée.
Nous écoutons.
HARDY, k Rogidor.
À tous!
LucEnde s'avança sur Fespace fésorri pour représenter la se/* ne, ainsi quo Rosldor,, qui s'est lïiagniiïijueuient cjimjié dftUB une posa théâtrale, et qui prend des airs pompous ement tragique s,
CÉUDÉE, regardant ïlosidor. — A part.
Quand il se campe ainsi, — Chose étrange^ — il a l'air d'un héros!
ROSI DUR
M'y voici.
Jouant le rôle de. Thésée.
Hippolyte, amazone à l'ardente crinière,
Le sort entre mes mains fa faite prisonnière ;
Mais, à la liberté des peuples travaillant.
Je ne veux pas courber au joug ce front vaillant.
Sois libre !
LUCINDE, jouant Hippolyte.
Misérable, ô trois fois misérable Hippolyte ! 0 rigueur du destin qui m'accable!
FLORISE, irritée malgré elle de la froideur de Lucindt.
Plus de feu l plus de feu !
LUCINDE, jouant Hippolyte.
Donc, lâchement cruel, Ton bras a désolé nos tribus sous le ciel,
370 flouise.
Et maintenant, brisée, abattue et meurtrie, Tu m'opprimes eneor par cette raillerie ! lioi, c'est ici le grand désert éblouissant Que le noir Tanaïs arrose en gémissant • Comme notre courroux...
Florise n'a cessé de suivre attentivement le jeu de Lucinde, récitant comme elle, mais des lèvres seulement, jouant avec elle, pour ainsi dire, et son impatience est allée croissant. Enfin, ne pouvant plus se contenir, elle se lève et va à Lucinde.
FLORISE, interrompant Lucinde.
Trop de froideur ! — Vous dites :
0 trois fois misérable ! avec trop de petites Mines, — comme une dame en galant attirail Dirait : N'avez-vous pas trouvé mon éventail?
LUCINDE, furieuse.
' Madame l
FLORISE
Un peu de feu, Lucinde ! — Que la lèvre Frémisse! Un peu de sang au front! Un peu de fièvre!
Lucinde jette un regard de haine à Florise, qui va reprendre sa place près d'Olivier. Puis, sans lui répondre, elle continue son rôle.
y LUCINDE, jouant Hippolyte.
Roi, c'est ici le grand désert éblouissant Que le noir Tanaïs arrose en gémissant : Comme notre courroux, nos haines sont vivantes* La pitié ! garde-la pour tes pâles servantes !
FLORISE, se levant de nouveau et tout à fait hors d'elle-même.
Non, non ! — Trop de froideur ! — Actrice, il faut savoir
Donner ton âme à ceux que tu. veux émouvoir!
Pas d'avarice! Non! Quand l'héroïne joue
Réellement, alors le sang rougit sa joue;
Son œil brûle et sa voix, comme le bruit des flots,
Est pleine de menace et pleine de sanglots.
4cts iV, scëxe in. 371
Elle succombe, ef puis se relève plus Tort a Qu'auparavant ! Eh! oui! si Ton en meurt, qu'importe! Mais quel rêva 1 Créer 1
Prenant ion front dans ses maioâ.
Voyons, Je les savais, €es vers l
lucinde.
Mais...
FLORISE, écartant Lucinde par un geste impérieux et souverain. Ote-toi, Lucinde !
A Hardy.
Allons, je vais La dire, votre scène 1
OLIVIER, profondément humilié et blessé.
En vérité, Florise, Que faites-vous?
FLORISE, s'exaltani.
Rien, rien.
Tout entière à son inspiration.
C'est une femme éprise Qui parle en son délire, et donne un libre essor A sa passion ! — Vite, à nous denx, Rosidor l
Rosidor, vaincu par l'émotion de Florise, se remet en dans l'attitude de son personnage.
FLORISE, jouant Hippolyte.
Comme notre courroux, nos haines sont vivantes. La pitié ! garde-là pour tes pâles servantes. Fais-moi mourir. Voilé ce qw j'attends de txd. Quoi ! cette solitude m je semaiê Ueffmir Dépeuplant au seul brait de mon nom les riuagesm Et voyant devant moi fuir tes hordes suuaug&Sy, Me reverrait pleurer sur ma défaite!— Non! Fais mai rmurùl
372 FLORISE
ROSIDOR, jouant Thésée.
Eh bien ! guerrière, au divin nom, Monte surjna nef noir*., et quittant cette rive. Suis-moi jusqu'à la belle Athènes !
FLORISE, jouant Hippolyte.
Moi! captive!
ROSIDOR, jouant Thésée.
Non! reine!
FLORISE, jouant Hippolyte.
Et que m'importe ! — 0 brise des forêts k 0 liberté ! — Captive ou reine, je pourrais. Tranquille, et regardant s'enfuir le vol des Heures, Tisser la fine toile en tes belles demeures ! Non! Antiope et moi, sous nos habits de fer, Nous combattions parmi les neiges de l'hiver, Car V orage est en nous, qui cherchons les tourmentes Et le carnage affreux nous choisit pour amantes.' Quoi! je vivrais, ayant pu voir, sanglant encor, Ton pied haineux posé sur nos boucliers d'or! Non, jamais !
ROSIDOR, jouant Thésée.
Si mon hras vainqueur fa désarmée, Tes yeux aussi domptaient ma rage envenimée Dans ce cœur dédaigneux, fait pour les durs travaux. Ah ! plût aux Dieux qu'au prix de cent périls nouvec Et pour toujours errant loin de ma chère Athènes, Je pusse enfin calmer tes colères hautaines, Et fléchir ton courroux, fût-ce par mon trépas !
FLORISE, jouant Hippolyte. — Avec colère.
Oui, je te hais ! — Ou bien, si je ne te hais pas, Quel feu, quand je te vois, brise mes bras robustes? Quelle fureur m'attire auprès de toi?
ROSIDOR, jou?nt Thésée.
Dieux justes !