‹ ComédiesChapitre 228 sur 271 · ACTE 1, SITK*E VUI · texte numérisé non relu

ACTE 1, SITK*E VUI

ACSlLLr.

Ohl s'il en est ainsi, vers les sanglants périls

Je marcherai, plus fier que les Di^ux, dusscnt-ila

Éblouir de leurs feux mes j'cux vision noires,

Et faire sur nu.- s pas édaièr leurs tonnerres!

0 Deïdamia, ûhasle fille de roi I

Je sens bondir d'amour et bouillonner vers toi,

Dont le regard d'argent ressemble aux nuits sereines,

Chaque goutte du sang qui frémit dans mes veines !

Voyant que Deïdamia s'incline, pâle et languissante.

Mais qu'as-tu? Sur tes yeux tremblants et demi-clos Passe un voile, ta lèvre étouffe des sanglots, ' Et fait voir, douce fleur que la pourpre déserte, La pâleur de la mort sur ta bouche entr'ouverte !

A ce moment, Lycomède sort de la maison, s'arrête au fmd de la scène et, sans être vu, assiste àl'entretien de Deïdamia et ù Veuille.

DEÏDAMIA, avec mélancolie.

Heureux les époux rois assis dans leur maison, Qui voient tranquillement s'enfuir chaque saison, L'époux tenant son sceptre, environné de gloire, Et l'épouse filant sa quenouille d'ivoire! Mais le jeune héros qui, le glaive à son flanc, Court dans le noir combat, les mains teintes de sang, Laisse sa femme en pleurs dans sa haute demeure.

ACHILLE

Les Dieux ne voudront pas sans doute que je meure Si tu m'aimes! L'amour est plus fort que la mort.

DEÏDAMIA.

Hélas I rien ne prévaut contre l'arrêt du sort.

Mais, si l'ombre déjà baigne ta chevelure

Et si tu dois tomber sous une flèche obscure, —

Esclave du destin qui te sacrifia,

Laisse, laisse du moins ta Deïdamia

40Î il K IDA Ml A.

Qui sera veuve, hélas! avant que d'être épouse, Te prendre quelques jours à l'amante jalouse Vers laquelle tu cours au rivage troïen!

ACHILLE

0 Deïdamia! tête chérie! — Eh bien,

Viens d'abord nous jeter aux genoux de ton père!

Que sa pitié m'accueille, ainsi que je l'espère,

Chère âme, ou qu'il me faille, errant, porter mes pas

Loin de ton île heureuse, il ne me convient pas

D'abuser ce héros divin par quelque ruse.

Que sa bouche, d'ailleurs, me condamne ou m'excuse,

Il me tarde, en mon cœur, de quitter promptement

€es parures d'emprunt et ce déguisement.

Allons donc sans retard, car ce souci me presse.

Supplier le Roi !

LYCOMÈDE," s' avançant, à Achille.

Sage enfant d'une Déesse, Le Roi vous entend.

DEÏDAMIA, tombant aux pieds de Lycomède.

Sois secourable pour nous, Mon père! Vois, j'embrasse en pleurant tes genoux, Car ee fut pour Thétis une invincible joie De m'offrir au cruel Amour, comme une proie.

LYCOMÈDE, à Deïdamia.

Deïdamia, viens, heureuse, dans mes bras, Et relève ton front!

A Achille.

Achille, tu seras Mon fils. Donc évitons toute parole amère. Car il suffît du sang illustre de ta mère Pour qu'à ton nom tout cède, et dans tes yeux de feu Éclate assez l'audace et la fierté d'un Dieu.

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