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SCÈNE IL

LYCOMÈDE, ULYSSE, DIOMÈDE, puis des Servantes

DE LYCOMÈDE

LTCOMÈDE, à ses hôtes.

Je vous le dis encor, Soyez les bienvenus, ô Rois, héros fidèles ! Puissiez-vous, détruisant les hautes citadelles D'Ilios, retourner vainqueurs dans vos maisons! ,

DIOMÈDE

Devant tes cheveux blancs, ô Roi, nous nous taisons, Car, divin conducteur d'hommes, tu fus naguères Sage dans les conseils et brave dans les guerres.

Que n'ai-je l'âge encor de porter sans plier

L'arc et les javelots et le lourd bouclier!

Mais la froide vieillesse est un mal sans remède.

Avec toi, sage Ulysse, avec toi, Diomède,

Je partirais d'ici, laissant les autres soins,

Pour courir à l'horreur des combats ! Mais du moins,

Je vous offre des nefs, des guerriers et des armes.

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DIOMEDE.

0 Roi, mon hôte, par ce discours tu nous charmes, —

Mais à quoi bon vouloir tromper tes yeux vainqueurs? Car ta sagesse est grande et tu lis dans les cœurs. Ton secours nous allège et nous peut être utile, —

DIOMÈDE

Mais surtout nous venons icj chercher Achille!

Oui, je sais qu'il vous faut, par un destin jaloux, Trouver ce jeune chef. Mais pourquoi croyez-vous

Qu'il soit ici?

DIOMÈDE, vivement.

Par un pressentiment...

Sans cause, A coup sûr!

DIOMÈDE, bas à Ulysse.

Le vieillard rusé sait quelque chose.

ULYSSE

On dit qu'il a quitté les monts Thessaliens.

DIOMÈDE

Quelle hospitalité, le ravit?

ULYSSE

Quels liens L'enchaînent?

DIOMÈDE, à Lycomède.

On l'a vu sur cette mer Egée Où rit ton île en fleur dans les flots verts plongée.

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ULYSSE

Eatril à Sriathos qui produit le doux vin?

DIOMÈDE

Dans Cythère, vouée à son culte divin?

ULYSSE

Dans la blonde Eurétrie aux retraites ombreuses?

DIOMÈDE

Ou bien dans Myrtos?

LYCOMÈDE, à Diomède.

Roi, les îles sont nombreuses!

DIOMÈDE

Nous trouverons, parmi leurs flots échevelés, Cet enfant!

Cherchez-le, puisque vous le voulez.

S'il plaît aux Immortels, dont la puissante race Vit sur TOlympe, alors vous trouverez sa trace. Mais comme cependant tout est facile aux Dieux, S'il leur plaît d'aveugler votre esprit et vos yeux, Vous pourrez voir Achille et ne pas le connaître.

DIOMÈDE, bas à Ulysse.

Eh bien! devines-tu la ruse de ce traître?

ULYSSE, bas à Diomède.

Patience ! '

Mon or, mes guerriers et nies nefs Sont à vous. Recevez ces dons, illustres chefs, Et que Zeus tout-puissant pour le reste vous aide!

412 DEÏDAMIA.

ULYSSE

Oui, ton offre a charmé nos cœurs, ô Lycomède, Et nous partirons, fiers de tes riches présents, —

Des Servantes de Lycomède sortent de la maison, apportant un grand cratère plein de vin, et des coupes, qu'elles posent sur la table de pierre. Puis elles remplissent les coupes et se retirent.

DIOMÈDE, à Lycomède.

Mais ne verrons-nous pas l'espoir de tes vieux ans, Tes filles? car on dit que c~s jeunes princesses, Dont la beauté ressemble à celle des Déesses, Ordonnent ta demeure avec un soin jaloux.

Certes, elles verront des héros tels que vous. Mais faites-moi d'abord cette faveur insigne De boire le doux vin récolté dans ma vigne, En invoquant les Dieux heureux du ciel.

Prenant une coupe.

Zeusroil

DIOMÈDE, de môme.

Hermès!

Phébos dont l'arc doré lance l'effroi, Et dont nul meurtrier n'évite la vengeance l

ULYSSE, de môme.

Pallas, clarté du ciel et de l'intelligence!

Que leur force vous garde exempts de tout souci, O mes chers hôtes, Rois vénérés !

Après avoir fait les libations, Lycomède et ses hôtes boivent le via resté dans leurs coupes, puis les remettent sur la table.

Mais voici Mes filles. .

Les Princesses paraissent et s'avancent vers leur père, ayant au milieu d'elles Achille, toujours déguisé.

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