‹ ComédiesChapitre 261 sur 271 · ANTOINE, CLÉOPATRE · texte numérisé non relu

ANTOINE, CLÉOPATRE

CLÉOPATRE

Tu ne m'as jamais quittée encor Sans vider jusqu'au fond cette coupe aux flancs d'or

458 LA PKALE,

En invoquant pour moi, devant ton sort courbée, Tes Dieux latins !

ANTOINE

Ma reine...

CLÉOPATHE, laissant tomber la perle dans la coupe pleine de vin

Ah ! la perle est tombée Dans la coupe! Elle en fait jaillir des diamants.

v ' ANTOINE.

Eh bien ! il faut la prendre avec, tes doigts charmants»

* CLÉOPATRE

Oui.

ANTOINE

Prends la perle !

CLÉOPATRE

Son reflet qui tremble, attire La clarté. M'aimes-tu?

ANTOINE

Sans doute. Mais retire La perle !

CLÉOPATRE

Oui. Béni soit l'instant cher qui mêla Nos destins !

ANTOINE

Mais la perle enfin, retire-la!

CLÉOPATRE, avec un feu sombre dans les yeux. Il n'est plus temps. Ce vin pourpré comme l'aurore Qui vient de la Libye, est de flamme ; il dévore. Brûle tout, et dissout les perles, où le jour A mis ses purs rayons. Tel l'implacable amour, Lorsqu'il s'y précipite avec son flot farouche, Anéantit et brûle en nous tout ce qu'il touche.

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