SCÈNE VI, f
HJCHÊCE*
Il est heureux, il a raison I Après nous, qui voulons cueillir la floraison, )
Vienne l'Hiver, ce vieux qui baisse la paupière , • Et se chauffe en tremblant auprès d'un feu de pierre 1 Vos maîtres les anciens, en vers mélodieux Disaient que le bonheur est agréable aux Dieux : Eh bien ! je suis pareille à ces Dieux égoïstes! J'ai dépassé le but des graves alchimistes, Mon cœur est un creuset,
Elle effeuille une rose.
Ma raison, la voici 1 Fi ! que me parlez-vous d'un poëte transi Près de la Faim songeuse accroupie à sa porte ! Il a, me dites-vous, l'avenir? Que m'importe! Moi, je veux de soleil emplir mes yeux ardents, Aspirer l'air, et mordre avec mes blanches dents A tous les fruits pourprés qui pendent sur les branches 1 Il faut la forêt verte à mes allures franches, A ma jeune beauté l'éclair des diamants, Et les satins et l'or, afin que les amants Comparent, éblouis, au regard qui les noie, Tous ces rayonnements de lumière et de joie I
Élevant son verre où le vin brille.
Au bonheur I ]
DUFRESNY
Le bonheur ! un mot qui n'a plus cours I C'est un dieu pèlerin dont les repos sont courts ! Le bonheur 1 son sourire émerveilla la France Quand je naissais, jadis, aux saisons d'espérance -
Où le monde suivit, par le rhythme guidé, La flûte de Segrais, les clairons de Condé ; Où, près des palais neufs qu'envahira le lierre, Daphné ressuscitait pour troubler La Vallière !
138 LE COUSIN CL' ROI
Mascarades du Louvre et de Fonlaineblcau, Hôroïsmes mondains, miraculeux tableau !
Tout a cessé, Phrcbus est mort dans une éclipse, Et le riant Éden cachait l'Apocalypse ! Le bonheur 1 Ah I vnyeK les parcs à l'abandon, Et Boîîeau vieillissant qui pardonne à Pratloû î Ils sont passés les jours des combats et des fêtes I Que chanteraient encor les Nymphes des poètes? Le roi n'est plus aux bords du Rhin i Non, à Marlyt Ermitage et prison, il s'est enseveli, Tandis qu'à ses eûtes veille, gardant la porte, Le spectre de la vieille en robe touilla m or te t Qui, victime, deux fois d'un hymen incomplet, Baille avec Pharaon plus qu'avec Jodelel 1
u:cnÈCE.
La Maintenon n'est pas chez nous 1
, BlANCÛtELLt-
On boit au Temple, Buvons ailleurs I
DCFRESXY.
Lo vin s'aigrit 1
JHÀNCOLïXM.
Donne l'exemple Aux poltrons ï Toi qui sais trouver des mots si doux.
Poète, viens aussi,,, ne rien faire, avec nous !
LUCRÈCE
Laissons-nous tons les trois mener par la folie
Vers nia terre natale I Italie 1 Italie î
C'est le cri de mon cœur sous ce climat brumeux !
Quand fuiront les oiseaux, nous partirons comme eux.
Et nous retrouverons parmi les mélodies
Le bon nid gazouillant dos vieilles comédies t