‹ ComédiesChapitre 77 sur 271 · SCENE VIL · texte numérisé non relu

SCENE VIL

DUFRESNY

Les fous ! Non, ils sont sages.

Pourquoi les effrayer par mes vilains présages ?

Avec mélancolie.*

? Il sera toujours temps !

Il regarde tristement la table chargée de flacons vides.

Ces débris de festin, C'est l'image parfaite, hélas ! de mon destin. Donc, vous n'avez plus rien à dire, ô flacons vides, Qui versiez tout à l'heure à leurs lèvres avides Une ivresse si gaie et des espoirs si fous? Rien, n'est-ce pas? Eh bien, moi, je suis comme vousl Comme vous j'ai caché dans mes urnes choisies Mille étincelles d'or ! Toutes les fantaisies Pour lesquelles vingt ans mon feu se dépensa, C'était la royauté de mon Sancho Pança ! Chanteur, peintre, soldat, que d'espoirs éphémères M'ont bercé, qui cachaient la griffe des Chimère* 1 Ah ! pauvre Dufresny, que vas-tu devenir l

Relevant la tête.

tJn hasard de bonheur et je puis rajeunir, Pourtant ! Vin généreux, je n'ai pas bu ta lie, Je ne céderai pas à la mélancolie !

Soyons homme. Il me faut de l'esprit le plus gai, J'en trouverai, morbleu !

Retombant dans son accablement.

Je suis bien fatigué.

scèni; vin. \i\

Quels sont les vieux amis qui de moi ^e souvienneotî Et la gloire qui fuit 1 les quarante ans qui viennent ! Encor si la maison n'était pas vide ! Mais Être triste, être seul, être pauvre, et jamais Ne voir sur ces murs froids que l'ennui décolore Un sourire indulgent qui me rendrait l'aurore! Pardieu ! cette Angélique est un joli minois ! Ces grands yeux où l'amour vous guette en tapinois, Et ce poignet d'enfant si fin sous la dentelle !... J'ai dit que j'étais vieux, n'y pensons pas.

Apercevant Angélique qui entre.

C'est elle I

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