DUFRESNY, ANGÉLIQUE
DUFRESNY
Vous avez retrouvé mes manchettes ?
ANGÉLIQUE
Mais non !
Je reviens pour l'argent.
-Que je perde mon nom, Que je ne touche plus ni mes dés ni mon verre, Si, mes fonds rassemblés par un caissier sévère, Il reste dix deniers en tout dans mon tiroir ! Jetez pourtant, ma belle, un regard au miroir ! N'est-ce pas un péché, quand on a cette bouche Et ce front, d'imiter la Lésine à l'œil louche ? Pourquoi me quereller sur mes doublons absents ? Vous à qui le destin prodigue ses présents,
H 2 LE COUSIN DU ROI
(aésus, qui possédez coite richesse insigne,
Des dents do perle, un pied mignon, un cou det cygne,
(Chantez, sans vous lasser, un Deo Gratins,
VA puis riez ! Sur vous, pareille à feu Bias,
Vous portez vos trésors, le duvet au visage,
Kl, dans un sein de neige, un esprit vif et sage !
Donc, vous devez narguer l'argent ! Il serait fou
De quêter des écus, quand on a le Pérou! ,
ANGÉLIQUE
Vous parlez hien, monsieur; mais ce n'est pas mon compte
DUFRESNY
Fi! l'Harpagon en fleur! certes pour toi j'ai honte. Je i (grevais cigale et te voilà fourmi ! Mais pourtant d'où te vient ce désir ennemi? Pourquoi ces dix écus ? Chez loi veux-tu des fresques? Veux- tu, par grand courroux contre les Barharesques, Poursuivre sur les mers le nom mahoniétan, Ht fréter des vaisseaux pour battre le sultan ? Pour garder les abords de ta blanchisserie, • Te faut-il des dragons ? Parle !
Je me marie.
DUFRESNY
Toi, pauvre enfant ? Encore une fille à la mer !
ANGÉLIQUE
Les rubans et la Heur d'oranger coûtent cher, Et...
DUFRESNY, l'interrompant.
Qu'est ton prétendu ?
ANGÉLIQUE
Claude est valet de chambre Chez monseigneur d'Ilarcourt.