‹ ComédiesChapitre 90 sur 271 · GN1PH0N · texte numérisé non relu

GN1PH0N

Tableau riant Et qui dut réjouir le magique Orient l Tant d'hymens célébrés par tes épithalarnes ! Les Déesses pleurant, comme de simples femmes, £t rangeant à l'amour l'éternelle cité ! Mais comment a fini cette félicité Que ne troubla jamais le*regard d'un profane ? Dis, enfant?

ÉROS

Tu connais la cruelle Diane.

Elle seule, gardant le carquois des chasseurs, N'osa pas de l'hymen affronter les douceurs, Et sa poitrine où vole un parfum d'ambroisie, Sous les rayons du soir trembla de jalousie. Elle vint dans l'orage, aux lueurs de l'éclair, Embrasser les genoux du divin Jupiter.

L'Olympe était perdu d'honneur, assurait-elle, Si l'on ne me chassait de la troupe immortelle ; Elle disait aussi que par tout l'univers Les poètes raillaient nos fautes dans leurs vers, Et riaient d'avoir vu sous des ailes de cygne Celui qui fait frémir les étoiles d'un signe ! Pour elle qui se plaît, redoutable à nos jeux, Dans l'horreur des déserts et sur les pics neigeux, Tremblante de la honte où ce mépris la jette, Elle voulait s'enfuir dans les bois du Taygète, Et dans les antres hoirs, pendant l'éternité, Ensevelir sa haine et sa virginité.

Qu'elle était belle' ainsi, la Nymphe tutélaire, Tordant sa lèvre ardente et rouge de colère ! Jupiter l'exauça, je partis pour l'exil.

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