ACTE 1, SCÈNE II. ItjP
GNIPHON, îi part.
Et, certes, Jupiter ce jour-là fut subtil I
Haut, hypocritement.
Hélas !
Éaos.
Ne me plains pas, car ma vengeance est mûre. Déjà, glacé d'ennui, tout l'Olympe murmure, Et boit avec dégoût la céleste liqueur : J'en partis suppliant, j'y reviendrai vainqueur ! Mais, vois-tu, mon secret est né dans ce bocage Comme il y doit mourir; c'est pourquoi je t'engage A n'en confier rien aux passants, rien aux bois, Rien à l'oiseau, rien même à la biche aux abois l Si tu trouves pourtant l'aventure plaisante, Parle, mais on te change en bête malfaisante, En vieux saule difforme, ou bien en rocher noir, Et toi, si gracieux et si charmant à voir, Tu feras de la sorte une laide figure !
GNIPHON.
C'est la bataille ! Eh bien, j'en accepte l'augure, Et, si j'étais bavard, je pourrais dire aussi Que, le soir, quand la lune au reflet adouci Fait briller sur nos fronts sa clarté diaphane, Tu courtises Glaucé, la Nymphe de Diane.
ÉROS
Visions 1
GNIPHON.
La Déesse aime ce bois sacré.
Elle y viendra sans doute, alors je lui dirai En effleurant du doigt tes boucles vagabondes : Voilà celui qui veut ravir tes Nymphes blondes 1
ÉROS
Chimères !
170 DtâNE AU BOàS.
GNIPHON.
Je dirai cela, noble étranger, Avant qu'à ta prière on me vienne changer En rocher noir, ou bien en vieux saule difforme. Cela même.
ÉROS
A ton aise.
Il s'enfuit en courant.
Attends-moi donc sous l'orme I
GNIPHON, seul.
Il a fui ! Le pendard ose rire. Il a ri. Courons !
S'arrêtant et revenant sur le devant de la scène. Avec indignation.
Il m'a lié, courbé, raillé, meurtri!
Qui, moi ! l'iEgipan ! moi le roi de ces campagnes!
Avec colère, en se tournant du côté par lequel est sorti Éroe, et en montrant le poing.
Attends-moi !
U sort. La scène reste vide un instant ; puis entre Diana, peu après suivie de ses Nymphes.