ACTE 1, SCÈNE III, J7f
t>IANK.
Le beau soir!
GLAUCÉ*
Là-bas, dnm lV*fhpr bleu Le soleil est de pourpre et le couchant de feu.
EDNICE.
Sur les rocs endormis la cascade murmure.
1IÉLITE.
Un frisson de plaisir agite la verdure.
EUNICE.
La tourterelle près des myrtes prend son voL
GLAUCÉ.
Tout rayonne.
MÉLITE
Écoutez le chant du rossignol
GLAUCÉ.
Et le ruisseau jaseur à sa plainte se môle. Écoutez.
EUNICE. *
Chante encor, plaintive Philomèle 1
DIANE
Oh ! charme du silence et des asiles frais !
Que ce moment est doux, où les noires forêts
Nous donnent leurs parfums, comme de purs dictâmes î
Tranquillement, bien loin du tumulte, entre femmes,
Je veux faire un festin rare et délicieux
En cueillant aux figuiers sauvages, sous les cieux,
Lear rouge fruit mûri sur la colline roide,
Montrant la cascade.
Et me désaltérer à cette eau claire et froide !
Les Nymphes cueillent des fruits et les disposent dans des paniers qu'elles font d'une large feuille et de quelques branches légères, puis les apportent sur la mousse, où Diane s'assied avec elles près de la cascade.
Je vais donc me servir un repas à mon goût, EL pouvoir dénouer ma ceinture, et surtout Oublier un instant l'Olympe et l'ambroisie 1
MÉLITE
Quoi! vraiment, se peut-il que Ton s'en rassasie? On dit le ciel si riche et l'Olympe si beau !
DIANE
Ah ! Mélite, un palais, un vertige, un tombeau ! Là-bas, tout resplendit des feux des chrysoprases, Mais la satiété jusque dans leurs extases Suit les Olympiens sur ces brillants sommets. Et ce rire immortel qui n'en finit jamais ! Quel ennui I
GLAUCÉ.
Mais on dit les Déesses charmantes !
EUNICE.
Leurs cheveux sont pareils aux vagues écumantes,v—
MÉLITE
Et toujours leur visage est fier comme leur nom.
EUNICE.
Qui ne rendrait hommage à l'austère Junon, Quand ses brodequins d'or vont dans l'herbe fleurie, Éblouissants!
DIANE
Oui, c'est une belle Furie.