‹ ComédiesChapitre 94 sur 271 · EUN1CE · texte numérisé non relu

EUN1CE

Hébé?

DIANE

De blanches dents et des rires sonores l Elle est accorte, et porte à ravir les amphores» C'est un joli minoi§, qui sahs doute plairait En versant le nectar au seuil d'un cabaret.

GLAUCÉ.

Mais les Dieux ?

M ÉLITE

Tout cél ùbre Apollon.

DIANE, avec mépris.

Un poète !

Depuis le temps qu'il porte un laurier sur sa tête, Avec sa lèvre imberbe et son regard vermeil, Des. faiseurs de chansons l'ont pris pour le Soleil. C'est mon frère, Mélite, un maître en ciselure, Mais il n'est astre enfin que par la chevelure. C'est un de ces rêveurs au langage peu sûr Qui lèchent les torrents et qui mangent l'azur Du ciel, et qui s'en vont, le feu sur les pommettes, Peigner à tour «de bras les cheveux des comètes ! J'aimerais mieux le voir, couronné de festons, Retourner franchement à ses petits moutons, Que s'en tenir toujours à ce triste délire D'un arrangeur de rhythme et d'un racleur de lyre !

Page 1