‹ ComédiesChapitre 95 sur 271 · ACTE I, SCÈNE mH · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE mH

Et Mars ?

DIANE

Un trouble-fête ! un glorieux soudard ! Celui-là n'ennuiera personne à force d'art; Ce dur géant, plus haut qu'une tour crénelée, S'avance avec le bruit des chars dans la mêlée ; Son visage velu, prêt aux rébellions, Imite la douceur des ours et des lions; S'il parle, il fait fuir l'aigle effrayé vers son aire, Et lorsqu'il dit : « Je t'aime ! » il fait peur au tonnerre.

Avec dépit.

Et puis, tous ces gens-là, tant que dure le jour, Ne respirent, ne font, ne rêvent que l'amour 1 L'amour, quel passe-temps ridicule! Ames vaines 1 Sentir courir la glace et le feu dans ses veines, Des soupirs, des sanglots, des plaisirs achetés Par tant de désespoirs et tant de lâchetés, Voilà ce qu'on récolte à la guerre amoureuse. L'Amour! on l'a chassé du ciel, j'en suis heureuse I Et sa confusion, comme j'en ai joui !

Oh ! vous le haïssez, n'est-ce pas, mes sœurs?

MÉLITE, avec embarras.

Oui.

KONICE, de même.

Oui, sans doute.

GLAUCÉ, s' enhardissant.

Pourtant, Déesse...

DIANE, menaçante.

Qu'est-ce à dire?

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