‹ Comme on servait autrefois [microforme]Chapitre 28 sur 74 · IV VI · texte numérisé non relu

IV VI

Montcalm sans s'étonner Sous de tels généraux TA Dit avec confiance : Le soldat plein d’audace | Soldat ! il faut s'’armer Jette en plusieursmonceaux

Et montrer sa vaillance. Les Anglois sur la place. É * Il faut aujourd'huy C'est sur la hauteur el Mettre votre appui Qu'on voit sa valeur, Dans le bras seul de Dieu Tandis que nos colons c Pour vaincre dans ce lieu, Défendent les vallons.

La chanson « en style des poissardes de Paris » est plus accentuée, on le comprend, Quel-

ques couplets en donneront suffisamment une

idée. Ils se chantaient sur l'air: « Sur l'port

avec Manon un jour, etc. »

L'aumônier fit l’exhortation, Puis il donnit l’absolution;

Aisément cela se peut croire.

Enfants, dit-il, animez-vous !

L'hbon Dieu, sa mère, tout est pour vous.

S......é ! j'sommes catholiques (1), Les Anglois sont des hérétiques.

Ce sont des chiens; à coups d’pieds, à coups d’poings faut leur casser la gueule et la mà-

choire.

Soldats, officiers, généraux, Chacun en ce jour fut héros.

Aisément cela se peut croire.

Montcalm, comm’ défunt Annibal, S’montroit soldat et général.

S...….é! s'il y avoit quelqu'un Qui ne l’aimit point,

J'veux être un chien: à coups d'pieds, à coups d'poings, j'lui cass’rai la gueule et la màchoire.

N'oublions pas monsieur d’Lévis;

C'était, m , Comme un’ furie ;

Aisément cela se peut croire.

Dame ! on n’ manquit jamais d’valeur

Dans la famille de not’ Seigneur (2).

S......é! comm’ sans sa cousine j'élions flambés!

1. Le vers en caractères italiques ne se chante pas. (Note de Montcalm.) " 2. On fait allusion dans ce couplet à la tradition qui

Ces doubles chiens, à coups d’pieds à coups

‘de poings, nous auraient cassé.

Quand les Anglois s’vir’ rabouler, Ils commencèr’ à déloger.

Aisément cela sr peut croire.

Montcalm leur souhatit le bonsoir :

Adieu, Messieurs, jusqu’au revoir,

S......é ! profitez d'l'avis; si jamais j'vous revoyons,

J'veux être un chien; à coups de pieds, à

coups de poings, j'vous casserai....

REVERS DES FRANCAIS.—BATAILLE DE QUÉBEC.—MORT DE MONTCALM.— PERTE DU CANADA.

La victoire de Carillon allait-elle ouvrir pour

la France une nouvelle ère de prospérité et as-

fait remonter l’origine de la famille de Lévis jusqu’à la tribu de Lévi « Un auteur nous montre un membre de la famille de Lévis, se faisant peindre, rendant, le chapeau à la main, visite à la sainte Vierge, qui lui dit : « Mon cousin, couvrez-vous. » — (L'intermédiaire des chercheurs et des curieux, t. V, col. 31.)

DRT

surer le salut de sa colonie? On le crut peut-être trop facilement dans la mère-patrie. Montcalm, plus à portée de juger la situation, ne se méprit pas sur l'importance de son succès: ce n'’était qu’un retard apporté à une décadence imminente. Aussi, comme s’il était découragé en présence de difficultés sans cesse renaissantes et s’aggravant tous les jours, il demande avec instances, mais avec résignation, d’être arraché à ses importantes fonctions ; c’est la seule faveur qu'il sollicite pour lui-même. Qu'on accorde à ses troupes les récompenses dont elles sont dignes ; « pour moi, écrit-il le 12 juillet au ministre de la guerre, je ne vous en demande pas d’autres, que de me faire accorder par le roi mon retour. » Le 21 juillet, il fait à sa mère la même confidence : « Je suis déterminé

à demander mon rappel. Plût à Dieu qu'on me

l’accordât, quand je devrais être le reste de mes

jours dans mon château! » Et le 3 août: « Je

travaillerai toujours avec le même zèle à la dé-

fense de cette colonie, jusqu’à ce qu’il plaise à

Sa Majesté de m’accorder un rappel que ma santé et mes dettes m'’obligent de demander; jusqu’alors, je répandrai volontiers la dernière goutte de mon sang, et donnerai le dernier souffle de ma vie pour son service. »

La jalousie mesquine et le mauvais vouloir de M. de Vaudreuil, les intrigues qu'on tramait sans cesse autour de lui, des accusations injustes, le spectacle des désordres qu’il ne pouvait réprimer (1), mettaient à bout le courage de Montcalm. « Il fallait, écrivait Bougainville le 95 juillet à la marquise de Saint-Veran, que sa santé fût de fer pour résister aux faligues de tout genre qu'il a eu et qu’il a encore à essuyer. On n’a point et onne peut avoir en Europe l'idée des fonctions dont la multiplicité et les détails infinis, souvent remplies de misères sérieuses, presque toujours de contradictions et de difficultés de plus d’un genre, accablent ici un général d'armée. La patience y est une qualité essentielle, et l’école pour l’acquérir ne peut

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