‹ Comme on servait autrefois [microforme]Chapitre 3 sur 74 · Moréri · texte numérisé non relu

Moréri

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Lyon, on s’étaitempressé autourdu petit prodige.

Dansla capitale, où il arriva le 13 szptembre 1725,

ce fut le mèmeenthousiasme: visites des savants,

adresses de tout genre, lettres e1 verset en prose,

rien ne manqua ({). On raconte cependant qu’il

yéprouvaquelques moments de tristesse. Il avait un rival, et un rival plus jeune quedui.

Dans le margraviatd’Anspach, à Schwarbach, vivait un enfant, né en 1721. Son père, nommé Baratier, était pasteur de l'Église francaise réformée. Cet homme, émule, sans le savoir, de Louis Dumas, voyait, grâce à ses efforts, son fils, Jean-Philippe, faire de rapides progrès dans

la carrière des sciences et des lettres (2). À deux

1. Cet enthousiasme fut-il aussi grand que le donne à croire Moréri? Le Mercure de France (août 1727, p. 1750) consacre un article à un enfant prodige, le Jeune Hernandez del Valle, et plus tard (novembre 1727, p. 2435) au jeune Baratier. Le journaliste ne semble mème pas soupconner que l’année précédente Paris

3 eùt été témoin d’un fait semblable ; l’aurait-il passé sous silence si le jeune Jean de Candiac avait produit une aussi profonde sensation ?

2. Merckwürdige Nachricht von einem sehrfurhzeitig gelehrten Kinde. Stettin und Leipzig, 1728, in-4°, pp. X1V-136. (Voir la Bivliothèque germanique, 1729, t. I, p. 78 et suiv.)

ans et demi, l’eñfantcommenca à lire, et en six mois il lisait couramment. Appliqué aussitôt après à l'étude du latin, dans un an il le parla comme sa langue maternelle. À la fin de 1726, il lisait le grec et l’hébreu. Son livre de lecture habituel était la bible latine de Sébastien Chateillon, qu’ dévora deux fois en quatorze mois. Cette éducation, plus intelligente que celle de Jean de Candiac, avait du moins été dirigée

sans forcer jamais les facultés de l’enfant: dix

à douze heures de sommeil, trois heures d'étude

au plus par jour, interrompues par trois ou quatre repas, le reste du temps consacré à des récréations. Les gazettes de Hollande transmirent jusqu’à Paris le récit de cette merveille. Le jeune Candiac, en les lisant, « se mit à pleurer à l’idée qu’un enfant en savait plus que lui, tout en témoignant sa joie de le voir. Il lui écrivit deux longues lettres, où il explique la méthode dont on l’a instruit, On ne croit pas

qu'elles furent envoyées (1). » La mort du sa-

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