‹ Comme on servait autrefois [microforme]Chapitre 31 sur 74 · Lettre du 27 octobre · texte numérisé non relu

Lettre du 27 octobre

me

temps que Bougainville, mais sur un autre navire. Les deux députés furent bien accueillis à Versailles; on ouvrit enfin les yeux. Il était trop tard, Toutes les réponses peuvent se résumer dans ces mots de Berryer, l'incapable ministre de la marine : « Monsieur, quand le feu est à la maison, on ne s'occupe pas des écuries. — On ne dira pas du moins, répondit Bougainville, que vous pa"lez comme un cheval, » Le maréchal de Belle-Isle, mieux disposé dans le fond, n’envoya que des encouragements et de belles paroles. S'adressant au noble cœur de Montcalm, il cherchait vainement à dissimuler sous des éloges, justement mérités d’ailleurs, le sort auquel on le condamnait. « Le Roi compte sur votre zèle, votre courage et votre opiniâtreté... J'ai répondu de vous au Roi et je suis bien assuré que vous ne me démentirez pas, et que pour le bien de l'État, la gloire de la nation et votre propre conservation, vous vous porterez aux plus grandes extrémités, plutôt que de ja-

mais subir des conditions aussi honteuses qu’on

iF

a faites à Louisbourg, dont vous effacerez le souvenir. La confiance du Roi est entière dans votre personne ef toutes les qualités qu’il vous connaît. »

Dix-sept bâtiments chargés de vivres et de munitions, 326 recrues, — secours dérisoire | — et des compliments, voilà ce que Bougainville ramena en Canada. Avant de quitter la France, il écrivit à madame de Saint-Veran, le 18 janvier 1759: « .… Presque toutes les grâces demandées par Monsieur votre fils pour les troupes sont accordées. Leur traitement est augmenté, et M. de Montcalm aura de la part de la cour toutes les choses qui peuvent lui rendre son emploi agréable et j'ose croire qu'il aura toutes les facilités de faire le bien sans être barré dans ses opérations. Malheureusement il est bien tard, et je crois que c’est le cas du médecin après la mort. Au moins est-ce une chose satisfaisante pour M. de Montcalm et pour ses parents, que sa gloire est entièrement à couvert

et que la cour, bien instruite de la position du

LE MARQUIS DE MONTCAiM. 131

Canada et de l'impuissance où elle est d’y établir même une infériorité moins monstrueuse, saura gré à son général de tous les instants

dont il reculera la perte de cette nouvelle colonie. »

La cour de Versaillés savait sur qui elle comptait: « J'ose vous répondre, écrivit Montcalm au ministre, d’un entier dévoûment à sauver cette malheureuse colonie ou à périr! »

Sauver le Canada, y pensait-il sérieusement ? Trouvant en son âme les ressources qui ne manquent jamais moins aux grands cœurs que dans les situations désespérées, pouvait-il encore se faire illusion ? Non, sans doute; mais il voulait mourir noblement, sans peur et sans reproche.

Le 24 mai, on signalait 13 gros vaisseaux anglais à 60 lieues au-dessous de Québec. Les projets de l'ennemi sur cette ville étaient évidents, Il fut décidé qu'on fortiferait les abords de la place le long du fleuve Saint-Laurent. Un mois entier se passa en préparatifs. Enfin le 30 juin

k RE ‘ 9 » = ” SHARE ARE GE

PEER Same rene Le \

Page 1