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voir amener de résultat; cependant « il se « soutenait pas cette grande maxime qui lui « était si familière, qu'on ne doit jamais plus « compter sur Dieu que lorsqu'on est plus con- « tredit et plus abandonné des hommes. » Le maréchal de Bellefonds ne manqua pas de l’aider de toutes ses forces, et il eut enfin la consolation d'assister, le 24 mars 1682, à la première retraite que le P. Le Valois donna à vingt personnes dans la maison du noviciat des jésuites.
La nouvelle position qui était faite au Père n’interrompit pas ses relations avec son pénitent; une sainte et édifiante correspondance s'établit entre eux. Sept lettres seulement nous ont été conservées. Aucune n'est datée, mais jecrois pouvoir assurer qu'elles n'ont pas été écrites au maréchal pendant sa disgrice, c’està-dire qu'elles sont postérieures à 1678. La première, en effet, parle d’une grave maladie que fit M. de Belleionds, ce qui se rapporterait à
l'année 1679, d'apres deux lettres de madame
de Sévigné, en date du 8 et du 24 novembre, (1) ou au commencement de 1680, d'après une autre lettre du 9 février ; (2) or, dès la fin de 1678 l’exilé avait été rappelé. (3)
Quelques passages Ges lettres du P. Le Valois nous feront encore mieux connaître son illustre fils spirituel.
Monseigneur, je suis sûr que vous n’atten « «eZ pas de moi un compliment, etque vous « seriez fort mal édifié, si je vous disais ou que « j'eusse eû beaucoup d'inquiétude durant votre « maladie, ou que j'eusse à présent une sen-
« sible joie du rétablissement de votre santé. Il
1. « Je crois que le maréchal de Bellefonds ne relévera point de la maladie dont il! est accablé, » Plus tard madame de Sévigné écrit : « Cet Anglais vient de tirer de la mort le maréchal de Bellefonds, » Cet Anglais se nommait le chevalier Talbot.
2. « Le frère Ange a ressuscité le maréchal de Bel- «lefonds ; ila rétablisa poitrine entièrement déplorée. »
3. Madame de Scudéri, dans une lettre au comte de Bussy, attribue ce rappel à une lettre qu'il aurait écrite au roi, à l'occasion de la paix de Nimègue. Elle ajoute : « on dit que ce maréchal sera gouverneur de monsieur de Chartres, d’autres disent ambassadeur en pren. » (Lettres de Bussy. Paris, 1727, t, VI,
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est vrai que je me serais trouvé dans ces sen-
timents, pour peu que je me fusse écouté...»
Puis il l'assure qu'il était en repos sur son sort,
comptant entièrement sur la Providence. « Vous
jugez bien, Monseigneur, que jen’écrirais pas de la sorte, si j'écrivais à tout autre seigneur de la cour qu’à vous; mis aussi je ne sçai ce que j'écrirais .. » — « Croyez-vous bien que j'ai recu quatre ou cinq lettres de diverses personnes, qui me tourmentent, afin que je lâche de vous persuader un relâchement qu’ils désespèrent de pouvoir vous persuader elles-mêmes? Ils disent que vous menez une vie trop austère, que vous aveztrop peu de santé pour soutenir tant de mortifications;.… qu'il est absolument nécessaire que vous vous modériez, et que je dois vous le conseiller. Je me rendrais indigne de la bonté que vous avez pour moi, Monseigneur, et encore plus indigne que Dieu me fit jamais l'honneur de
m’employer à la conduite et à la sanctification
des âmes, si j'élais assez lâche pour entrer en
« de pareils sentiments... Les gens du monde « sont vraiment admirables !.. De quoi se « mêlent-ils ? Vous les laissez vivre à leur mode: « que ne nous laissent-ils vivre à la mode de « Jésus-Christ? » Et après lui avoir recommandé cette sagesse qui sait allier la discrétion à la générosité, il termine par ces mots: « Heureux « ceux qui se haïssent en se conservant, de « peur de se perdre en s’aimant! Demandons « incessamment à Dieu cette sainte haine de « nous-mêmes. Je m'offre à la demander pour « vous; faites-moi la charité de la demander « pour moi. »
Dans une autre lettre, le P. Le Valois, re-
visait encore sur cet état de faiblesse où se
trouve M. de Bellefonds : « Que je vous estime- « rais heureux, si vous aviez la consolation « d’avoir ruiné votre santéau service de Dieu « et dans les œuvres de la pénitence ! .. Mais « de l’avoir peut-être ruinée par les efforts ex- « cessifs que vous avez faits autrefois à la
« course, à la chasse, dans vos voyages et dans
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« les armées... voilà ce qui vous devrait extrè- « mement humilier. » Cependant loin de vouloir le décourager, le P. Le Valois le félicite d’avoir dans ses souffrances un moyen efficace de payer pour ses fautes passées, et lui rappelant la mortification, modérée toutefois : « Ne vous « tenez point encore trop longtemps à genoux ; « faites peu de prières vocales ;.. » et, comme s’il était effrayé de sa sainte franchise, il finit par une phrase qui estle plus bei éloge de M. de Bellefonds : « Je ne sçais pas ce que vous « direz de la liberté que je prends äüe vous
« écrire de la sorte ; j'en suis honteux, quand
« je considère ce que je suis, mais sensiblement
« consolé, quand je pense que c'est à vous que « j'écris, et qu'il y a de nos jours un maréchal « de France capable de porter des sentiments « si chrétiens. J'en bénis Dieu de toute mon « âme ; je le prie très-humblement de vous les « conserver, et de les inspirer à tous les sei- « gneurs de la cour. »
Ce qui rend ces lettres plus admirables, c'est,
ce me semble, qu'elles sont écrites non pas au solitaire de l’Isle-Marie, mais bien au courtisan rentré en faveur. M. de Bellefonds, en effet, recevait, sur la fin de 1679, une preuve certaine que le roi ne l'avait pas oublié; et la charge d’écuyer de madame la Dauphine le replaçait à la cour dans une position enviée par plus d’un ambitieux (1) ; de plus, la survivance de cette place était assurée à son fils. « Je ne vous écris « point sur la dernière grâce que le roi vous a « faite, lui mandait alors son directeur, non-
« seulement parce que je ne sçais point faire
1. « Que dites-vous des Bellefonds et Saint-Géran, qui seront chevaliers d'honneur et écuyers ? et nous serons toujours de pauvres chiens. Il y a des gens qui n’ont point le don de prendre les bons chemins. » (Lettre de Me de Sévigné à la comtesse et au comte de Guitaut, 4 juillet 1679.) --- « Le maréchal d’Humières a mandé à Rouville qu’il était serviteur des dévots, depuis qu’il voyait le maréchal de Bellefonds écuyer, madame d’Effiat gouvernante... » (Lettre de madame de Sévigné, du 10 janvier 1680.) — Un contemporain raconte que Louis XIV demanda au maréchal, au retour de son exil, ce qu'il y avait appris : « à aimer Dieu, lui répondit-il, plus que votre Majesté, quoique personne au monde ne l'aime plus. » (Mélanges de Philibert Delamarre. Biblioth. Nation. Mss. p. 321.)
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: « me joigne à eux pour vous fatiguer encore