‹ Comme on servait autrefois [microforme]Chapitre 8 sur 74 · Étrennes nulitaires pour l'année 1757, p · texte numérisé non relu

Étrennes nulitaires pour l'année 1757, p

fants au besoin ? Aux petits des oiseaux...»

Ses deux fils firent une partie de leurs études au collége des Jésuites de Paris, dont le recteur, le P. de la Tour, était son ami intime. On le retrouve ensuite, soit à Montpellier, en 1790, aux États de Languedoc, qui furent suspendus par ordre du roi, pour s'être opposés à la levée du vingtième et avoir réclamé le respect

de leurs priviléges; soit, plus tard, à Marvejols,

en 175, aux Etats de Gévaudan, où il avait

droit de siéger comme seigneur de Gabriac.

Tantôt il allait se mettre à la tête de son régiment , par exemple à Limoges , en 1751 , au moment du jubilé. « Nos cavaliers y assistèrent, raconte-t-il. Les Pères Jésuites leur firent une retraite, dont lesexercices spirituels, proportionnés à leurs besoins, n’empêchaient pas qu'on ne les exerçât quasi tous lesjours, soit à pied soit à cheval. » En 1753, « il était appelé par le comte de Graville dans les assemblées des inspecteurs de cavalerie pour donner son avis sur les exer-

cices qu'on voulait donner à ce corps et sur les-

quels il avait envoyé des observations à M. de la Porterie, major des dragons, » Au milieu de

ces occupations diverses, Montcalm n'oubliait

pas les devoirs que l’amitié réclamait de lui. A

la fin du mois d’août, le marquis de la Fare gagna la petite vérole en entrant, comme il le faisait tous les jours, dans le temps de la messe, chez M. le Dauphia, atteint de cette maladie. « Les amis de M. de la Fare, raconte le duc de Luynes, lui conseillaient de ne point entrer chez M. le Dauphin, mais il soutenait toujours qu'il n'avait point de peur; cependant il disait dans ce temps-là même, mais sans être effrayé: Si j'avais la petite vérole, jen mourrais : mon père et mon grand-pèreen sont morts (1). » Le 29 août il mourut, à l'âge de soixante-six ans, entouré des secours de la religion. « J'ai eu la consolation, écrit Montcalm avec un légitime orgueil , d’avoir contribué à le faire mourir

chrétiennement entre les mains du curé de

1, Mémoires, t. XII, p. 132.

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jours

Saint-Sulpice (Dulan) et du P. d'Héricourt, théa-

tin.» Gette pensée d’une mort chrétienne ne quittait pas le vaillant soldat. « C... est mort jeune et subitement, écrivait-il en 1754. Dieu me fasse la grâce de ne pas finir ainsi et de mieux vivre. »

Le marquis de Montcalm avait atteint l’âge de quarante-quatre ans. Sans s’être fait remarquer par des actions d'éclat, capables de le mettre en évidence, il avait toutefois acquis, dans ses différentes campagnes, la réputation d'un bon et brave officier. L'esprit héréditaire de la noblesse militaire de cette époque l’animait : son bras et sa vie étaient au service de son roi. Peut-être les occasions seules lui manquérent-elles pour se placer à la tête de ses égaux et pour parvenir à des commandements plus importants, légitimement mérités par ses qualités personnelles. Une circonstance se présenta enfin qui lui permit de conquérir à son nom une gloire immortelle. Trois années, les

dernières de sa vie, allaient suffire au marquis

de Montcalm pour s'élever à la hauteur des meil-

leurs généraux.

qui

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