‹ Comment apprendre le latin à nos filsChapitre 118 sur 219 · II. — L'EXPLICATION · texte numérisé non relu

II. — L'EXPLICATION

Préambule : Idée générale et division.

= Combien d'entre vous ont eu l'occasion de vivre dan! un village? Nous ne parlons pas d'un séjour sur les plan! ches de Trouville ou dans un hôtel d'Interlaken. Quelfl sont ceux qui ont passé leurs vacances dans un villag<" français, qui ont eu l'occasion de causer avec des paysan et de voir, sinon de partager, leur travail?

[Une vingtaine de mains se lèvent.]

— En est-il qui soient nés dans un village?... Personne Alors, contentons-nous de ceux qui n'ont fait qu'y passer Avez-vous quelquefois exprimé devant un laboureur (pa en vers latins, bien entendu 1) l'idée de Virgile? Lui avez vous dit : « Comme vous êtes heureux de vivre à la cani pagne! » Vous, J.?

J. — Oui, monsieur.

— Et il a été satisfait ?

J. — Ah non! Il m'a répondu : « On a du travail ! » = C'est presque le mot favori des paysans franc-coir

tois que j'ai souvent entendu : « Ah, mon bon monsieui on a bien des maux ! »

— En somme, d'une manière générale, ces braves gen se refusent à proclamer leur bonheur.

G. — Et puis ils trouvent que la ville, c'est plus ami sant.

=: « Vous, messieurs, vous êtes mieux! » Que de chose.' dans cette réponse d'un vieux paysan que je félicita d'avoir un petit-fîls intelligent et travailleur, « une bonr tête », déclarait le grand-père. « Il fera sa fortune ici, li dis-je, dans la culture! — Non, jamais... Il ira à l'armé»!

m bien percepteur. A la campagne, on n'est pas si bien... » It il répétait : « Vous, messieurs, vous êtes mieux! » — [eus portons des jaquettes tous les jours ; nous avons ■,haud l'hiver et... non, nous n'avons pas plus frais l'été, Qais ils le croient, parce que nous allons moins au soleil. It puis, nous avons des distractions, nous voyons du QOnde, des voitures, de beaux magasins... J. — Des cinématographes I ■ C'est un véritable mirage qui s'exerce sur l'imaginaion du laboureur, et lui fait trouver sa vie à la fois dure et lonotone. Il n'est pas dit pourtant que tout soit illusion ans le jugement que nous portons, après Virgile, sur le onheur de l'homme des champs. Ecoutons ces vers cèleras, et voyons s'ils ne sont pas l'expression même du on sens.

I. — La vie de l'homme des champs, telle que nous la jugeons (v. 458-474).

O fortuuatos nimium, sua si bona norint, Agricolas I Quibus ipsa, procul discordibus armis, Fundit humo facilem victum justissima tellus. Si non ingentem foribus domus alta superbis Mane salutantum totis vomit œdibus undam, Nec varios inhiant pulchra testudine postes, lUusasque auro vestes, Ephyreiaque œra, Alba neque Assyrio fucatur lana veneno, Nec casia liquidi corrumpitur usus olivi; At secura quies et nescia fallere vita, Dives opum variarum; at latis otia fundis, Speluncœ vivique lacus ; at frigida Tempe Mugitusque boum mollesque sub arbore somnî Non absunt : illic saltus ac lustra ferarum Et patiens operum exiguoque assueta juventus, Sacra deum, sanctique patres; extrema per illos Justitia excedens terris vestigia fecit.

i. La fatigue de la ville.

*^ Remarquez d'abord le sens de norint, au conditionnel. rgile est tout le contraire d'un naïf; il connaît ses pay-

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sans; même s'ils sont heureux, jamais ils ne se l'avoueront à eux-mêmes, encore moins à vous, bourgeois... sua si bona norint, s'ils connaissaient leur bonheur... Allez, D.

D. — Trop heureux les laboureurs — s'ils connaissaient leur bonheur! — Pour eux, en effet, la terre, — loin de la discorde et des combats — fait elle-même jaillir de son sein — dans sa généreuse équité — une nourriture abondante.

B. — Ce n'est pas exact! Le paysan souffre plus que personne de la guerre.

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