‹ Comment apprendre le latin à nos filsChapitre 121 sur 219 · II. ^- Les sentiments de l'homme de lettres · texte numérisé non relu

II. ^- Les sentiments de l'homme de lettres

D. — C'est d'aboi'd le savant qui parle! Il voudra: savoir la cause des éclipses de soleil et des phases de I

lune, celle des tremblements de terre et des marées, de rinégalité des jours ; bref, il voudrait connaître Vastronomie et la géographie physique (v. 475-483).

— Un autre !

E. — Après le savant, le poète, épris de la nature :

Rura mihi et rigui placeant in vallibus amnes, Flumina amem silvasque inglorius !

le rêveur plein de gracieuses évocations mythologiques :

O ubi campi Sperchiusque, et virginibus bacchata Lacsenis Taygeta 1

le poète des Bucoliques en un mot, qui a bien connu Tityre et Mélibée sur les bords du Mincio, qui a pu se reposer avec eux et comme eux près de la haie bourdonnante, mais qui plus sûrement encore leur a prêté plus de poésie que n'en ont jamais connu les rudes bergers taliens :

O qui me gelidis in vallibus Hsemi Sistat, et ingenli ramorum protegat umbra !

— Ensuite, G.

G. — 11 revient une fois encore à la science; il en donne

Qême une définition profonde, toute moderne; il songe à a science de Lucrèce, la recherche des causes :

Félix qui potuit rerum cognoscere causas !

Mais il désespère d'égaler jamais Lucrèce par la science, est, lui, Virgile, le poète ami de la campagne et le prêtre le la nature :

Deos qui novit agrestes;

chante la tranquillité des champs, où Ton trouve la paix le Tâme dans le grand calme des choses ; puis il revient lae fois encore au bonheur de ceux que nourrit, loin des lingers et des vices, la vieille terre italienne.

III. — La vie de l'homme des champs, telle qu'il consent parfois à l'apprécier lui-même.

Agricola incurvo terram dimovit aratro : Hinc anni labor; hinc patriam parvosque Pénates Sustinet, hinc armenta boum meritosque juvencos; Nec requies, quin aut pomis exuberet annus, Aut fétu pecorum, aut Cerealis mergite culmi, Proventuque oneret sulcos, atque horrea vincat. Venit hiems : teritur Sicyonia baca trapetis ; Glande sues Iseti redeunt ; danl arbuta silvœ ; Et varies ponit fétus autumnus, et alte Mitis in apricis coquitur vindemia saxis. Interea dulces pendent circum oscula nati ; Casta pudicitiam servat domus; ubera vaccae Lactea demittunt, pinguesque in gramine lœto Inter se adversis luctantur cornibus hsedi. Ipse dies agitât festos, fususque per herbam, Ignis ubi in medio et socii cratera coronant, Te, libans, Lenœe, vocat, pecorisque magistris Velocis jaculi certamina ponit in ulmo, Corporaque agresti nudant praedura palaestrae. Hanc olim veteres vitam coluere Sabini...

L'instinct de la terre.

— Ici, en effet, il énumère des avantages dont les meilleurs des paysans, si vous savez les faire causer, reconnaîtroni eux-mêmes la réalité... Ce ne sont pas seulement la /ner comme nous le l'appelait le Breton de K., ou la forêt comme je vous le disais d'après les hommes que j'ai vui If dans les environs de Compiègne, c'est, dans le moindnl village, la terre pure et simple, qui garde et retient le 1* hommes vraiment faits pour la comprendre. Cet amour di' : la terre pour elle-même se perd beaucoup, je le reconnais

= Le docteur Labat montre bien les causes de cett désaffection dans ses profonds articles intitulés : La voca tion paysanne et l'école^. — L'abandon de la terre. — £08 Gascogne....

I. Revue des Deux Mondes, i" août 1910 — i" juillet 1911 i"^ juillet 191 2.

— Oui.

== ... Et les remèdes qu'il indique sont ceux qu'Auguste et Mécène désiraient jadis voir parer des couleurs de la poésie. Serons-nous plus heureux qu'Auguste et Mécène? En tous cas, il dépend de nous de connaître et d'encourager le jardinier du Galèse, le vrai paysan attaché à la terre, et de l'aider à y retenir sa famille, au lieu de l'en déraciner.

Les choses sous les mots : mots latins, souvenirs d'aujourd'hui.

... Ils ne nous répondent pas tous, en effet : « Vous, messieurs, vous êtes mieux! » J'en connais quatre au moins, dans un tout petit village, quatre chefs de famille, pères respectivement de deux, trois, cinq et six enfants, qui aiment le travail de la terre et en parlent à la fois avec science et conscience. Que de fois, s'interrompant dans leurs travaux, au labour, à la fenaison, ou m'invitant à les suivre quand ils se rendaient en voiture jusqu'à des champs éloignés, ils m'ont rappelé par leurs paroles certains vers des Géorgiquesl Même accent, parfois mêmes mots... J'en aperçois un dans le passage qui vient. Lisez. Nous sommes au printemps...

R. — Le laboureur a fendu la terre — de sa charrue recourbée. — Par là il prépare les fruits de l'année; — par là il soutient sa patrie, sa tendre postérité, — par là il nourrit son troupeau de bœufs — et ses jeunes taureaux qui l'ont bien gagné par leurs services*.

=:::: « C'est bon, c'est dur au travail », me disait un de ces hommes, tapant sur l'échiné de ses bœufs... Je m'imagine qu'il faut lire meritofi sur le même ton.

R. — Point de repos, avant que l'année ne regorge de fruits.

— Le paysan picard ou normand a le culte de ses pom- I miers.

I. Agricola dimovit terram — incurvo aratro : hinc anni labor;

— hinc sustinet patriam parvosque nepotes, — hinc armenta boum

— juvencosque meritos.

2bo LES HUMANITES LATINES

R. — ... n'ait accru son troupeau de moutons...

— Hier encore, Télevage du mouton était une source de bons revenus ; le « berger » passait à la ferme pour un homme entendu, plein d'expérience, sachant parfois un peu l'art vétérinaire... On n'en trouve plus, paraît-il, et c'est une des raisons pour lesquelles le pecus chez nous diminue au profit de Varmentum.

R. — ... ou multiplié les gerbes de blé — , couvert les sillons de récoltes — et fait plier les greniers ^

Image de poète, image populaire.

= Bien traduit. De qui est cette dernière image? j

Plusieurs. — De Victor Hugo : |

Afin qu'un blé plus mûr fasse plier vos granges !

z=. Voilà comment un poète (je parle de Victor Hugo!) sait traduire un poète! Et voilà comment l'expression vraie, le mot propre, chez Hugo comme chez Virgile, comme chez l'homme du peuple lui-même, est presque toujours une image.

Repoussoir : un traducteur qui n'est qu'un versificateur.

— B. a apporté la traduction de l'abbé Delille, le « Virgile français »! Il y aurait peut-être un rapprochement à faire. Lisez-nous ce passage dans votre petit volume, B.

= De quand est l'édition?

B. — Dei8o3.

= Ce n'est pas l'édition originale, qui parut en 1769; mais l'auteur n'a dû rien changer, étant arrivé du premier coup à la perfection de son genre... Quels étaient les caractèi'es de ce style?

G. — L'expression abstraite, décolorée... .;

D. — Le terme général.

E. — La périphrase.

— En somme, tous les défauts de la poésie au xviii" siècle;

I. Nec requies, quin aut pomis exuberet annus, — aut fétu pecoris — aut mergite culmi cerealis — onei'etque sulcos proventu atque vincat horrea.

juste le contraire de ce que nous louons chez Virgile. pLisez, depuis agricolas.

B. — Le laboureur en paix coule des jours prospères...

[Rires.]

Plusieurs. — Ça n'est pas dans le texte !

B. — Il cultive le champ que cultivaient ses pères...

[Nouveaux sourires.]

B. — Ce champ nourrit l'Etat, ses enfants, ses troupeaux Et ses bœufs, compagnons de ses heureux travaux. Ainsi que les saisons sa richesse varie...

Plusieurs. — Ça n'est pas non plus dans le texte!

I B. — Ses agneaux au printemps peuplent sa bergerie; L'été remplit sa grange, affaisse ses greniers...

=: Ah, enfin, une image! C'est la seule fois qu'il traduise iste : vincere ne pouvait pas, même à ses yeux, passer laperçu. Mais quelle pauvre image ! Gomme elle est )urde, disgracieuse !

Afin qu'un blé plus mûr fasse plier vos granges!

Voilà le poète!... « Affaisser! affaisser! » Bon pour un pport d'architecte !

Soyez plutôt maçon!...

lUn paysan, lui, ne dira jamais : affaisser. Et je suis sûr lie son patois se rapproche presque toujours de Virgile lus que de Delille... Il se fait plus de métaphores justes, rives, colorées, aujourd'hui comme au temps de Malherbe, Irune place de village qu'au bout du pont des Arts... Et lilà pourquoi le paysan de nos jours revit pour nous par langue autant que par ses sentiments dans les vers des ^■orgiques.

Ilne contestation. De la critique des textes.

p. — Mon texte porte pénates au lieu de nepotes. Plusieurs. — Le mien aussi!

202 LES HUMANITES LATINES

— Je crois même que c'est la leçon adoptée par les plu récents éditeurs, Benoist, Gœlzer...

De K. — C'est la bonne, parce qu'elle complète mieu patria : sa patrie, son humble foyer.

— En pareille matière, le goût peut, en effet, nou guider. Mais le seul moyen sûr est l'exanien des man scrits... Toute une science. Gomment l'appelle-t-on?

G. — La paléographie.

D. — La critique des textes!

— Nous ne pouvons pas la pratiquer nous-mêmes, poui la bonne raison que ces manuscrits sont dispersés dan toutes les bibliothèques d'Europe.

G. — Et puis, il faudrait savoir les lire!

— Mais nous pouvons nous en rapporter aux savant comme Benoist et Gœlzer; il suffirait de consulter un grande édition critique pour voir avec quel soin les manu scrits sont comparés, collationnés. — Sachez au moin qu'elle existe; c'est l'édition Ribbeck. Or, elle donn Pénates, et la question est tranchée.

De K. — C'est ce que je disais !

— Mais pas pour la même raison !

= J'ai eu le bonheur de connaître un de ces savant M. Léopold Delisle! Si vous saviez avec quelle conscienc un homme pareil fait ses recherches; quels voyages, que travaux ! Il est peu probable que dans la section C noi possédions un de ses futurs émules. Il est bon, du moin que vous sachiez apprécier partout la valeur de l'espi scientifique.

L'image dans le mot : le sens primitif. Le mot « Isetus »

— L'incident est clos ! Revenons au paysan lui-même, à la puissance de l'image poétique qui nous fait vivre de vie. Allez, G. m|

G. '■ — L'hiver approche ^.. •'

— Non. Quelle est la quantité de e dans veniti

I. Venit hiems : — teritur Sicyonia baca trapetis, — Glal sues laeti redeunt, — dant arbiita silvse ;

Plusieurs. — Long.

— Vcnit au présent, vênit au parfait : « L'hiver est venu. »

Plusieurs. — On n'est qu'en automne.

— 11 y a vênit... Traduisons par le parfait... et admettons que le poète oppose simplement la seconde moitié de l'année à la première, l'hiver à l'été... Soyons scrupuleusement exacts.

G. — L'hiver est venu : — on broie sous le pressoir les baies de Sicyone, — les porcs rentrent nourris de glands.

— Rendez l'image vraie. Quel est le sens primitif de lœtus ?

De K. — « Gras. »

Virgile l'emploie presque toujours dans son sens primitif :

Quid faciatlœtas segetes.

Plusieurs. — Ici, plus loin : gramine laeto.

— Oui... « le gazon épais ».

rzi M. Bréal, dans la préface de son dictionnaire étymologique, cite cet exemple, avec d'autres, à l'appui d'une thèse bien intéressante. « On sei'a frappé, dit-il, de la quantité de passages empruntés à Virgile. C'est que de tous les écrivains latins il est celui qui s'applique le plus à employer les mots en leur acception propre et leur sens primitif. . . »

— Tout à fait curieux, en effet. Vous voyez pourquoi le

i poète, par le seul fait qu'il est poète, remonte au sens primitif. . .

Plusieurs. — Parce qu'il est toujours concret. — Le premier sens est une image, image créée par des lommes simples qui veulent tout voir et toucher. = Et telle est bien la pensée de Bréal : « Quand, au début des Géorgiques, Virgile écrit : Quid 'aciaîlsetas segetes, l'adjectif Isetus est le terme même dont 5e servent les agronomes : il s'agit des grasses moissons. . . » j V^ous voyez que par toutes les remarques nous arrivons oujours à la même conclusion : cela sent le « terroir » ; ce

poème est bien celui de la terre; il nous ramène sans cesse au vrai paysan.

Le mot <( arbuta ».

G. — Les forêts donnent leurs arbouses... E. — Ne doit-on pas dire : leurs baies?

— Il est certain que Virgile désigne par ce mot tous les fruits sauvages de la forêt [arbuta silvse), par opposition aux poma des vergers : la partie est prise pour le tout. Mais comme ce terme fait image, nous devons scrupuleusement conserver l'expression pittoresque, l'expression qui « peint »

rr: Et qui est encore, à ce titre, celle des campagnards eux-mêmes. J'ai connu un vieil original, chasseur forcené, qui, à l'âge de quatre-vingts ans, se levait encore avant le jour pour « affûter » les verdiers et les becs-figues, vers la fin de septembre. Il allait s'asseoir, dissimulé par une cabane de branchages, sous un alisier, dont les fruits rouges attirent particulièrement les oiseaux. Croyez-vous que ce brave ' homme allait parler d'un « arbre à baies »? Il disait : « les alises » ; il les voyait en prononçant le mot, elles le fascinaient presque autant que ses victimes. Il tenait pour lui dans cette vision des « alises » tout un poème de la nature; 1 il revivait, rien qu'à prononcer ce terme, toutes ses mati- I nées dans le brouillard d'automme, à la lisière du bois. En | voilà un qui aimait et comprenait la nature ! Paysan ' quelque peu dégrossi par la ville, il était bien resté le descendant dune longue lignée de terriens. Cet homme-là était plus capable de comprendre les Géorgiques que * l'abbé Delille; jamais il n'aurait songé à traduire arèufa Jautrement que par « les arbouses »! Il y a des mots, '-' comme des paysages, qu'on peut appeler des « états d'âme ».

Une maladresse ! L

G. — L'automne dépose mille productions diverses'.

— Ce « dépose » est peu élégant ! Ne pourriez-vous

I. Et autumnus ponit fétus varios, — et alte — in saxis apricis vindemia mitis coquitur.

LA NATURE DANS LA POESIE DE VIRGILE a85

rendre Timage avec un peu plus de goût? Il s'agit des produits de Tarrière-autorane, c'est-à-dire des fruits. De quelle manière cette saison nous livre-t-clle les pommes, les poires, les raisins?...

Plusieurs. — On les cueille.

G. — On les détache de l'arbre.

— Soit.

Un tableau.

G. — L'automne détache des arbres mille fruits divers — et là-haut — le long des roches exposées au soleil — la vendange s'adoucit en mûrissant.

— Quelle analyse, en un vers ! Gomme les expressions se succèdent, dans l'ordre naturel : la place de la vigne, Texposition et les progrès de la maturité. Et quelle propriété dans les termes : mitis, coquitur...

E. — Le raisin cesse d'être vert, acide... G. — Il devient moins dur et plus sucré...

— C'est encore à de pareils détails qu'on reconnaît le vrai campagnard, l'homme qui sait parce qu'il a pm et i'écu.

z= Que dit l'abbé Delille?

( Traduttori traditori ! »

B. — Et les derniers soleils, sur les côtes vineuses, Achèvent de mûrir les grappes paresseuses.

m Paresseuses 1... Et les rochers? néant! Et l'exposiion, là haut, alte? Pas la moindre trace... N. — Une traduction que je possède met pour mitis : plus doux que le miel.

— Encore un traducteur fleuri ! Plus fleuri qu'exact. Son lom?

N. — M. Binet, professeur de l'Université.

— Sous la Restauration peut-être... Un disciple imméliat de l'abbé Delille. 11 ajoute une image fausse, et oublie le traduire la vraie. On appelait, dès le x\n^ siècle, ce ;enre de traductions... Vous connaissez le mot, surPerrot l'Ablancourt...

G. — De belles infidèles !

— Elles avaient mille manières de ne pas traduire Fauteur et de ne pas sentir la nature...

Encore la morale des champs.

Tandis que Virgile, lui, connaît les champs et l'homme des champs. Il va nous rappeler maintenant que cet homme, sous sa rude écorce, a des vertus, des principes, de saines habitudes, qu'il est le sel de notre terre : sustinet patriaml Si la terre lui a donné sa vigueur un peu fruste, elle lui donne aussi sa patience, sa sagesse lente et sûre, un sens très profond des réalités, une honnêteté un peu grosse, mais solide comme sa personne. Parfois même, il s'humanise... Continuez plutôt, G.

G. — Cependant, ses fils chéris se suspendent après lui pour l'embrasser — sa chaste demeure conserve deSj mœurs pures. — Ses vaches laissent pendre leurs mamelles gonflées de lait — et ses gras chevreaux, dans Fherbe épaisse — luttent en entremêlant leurs cornes ^..

— Et voici maintenant le Dimanche... le jour où le paysan se redresse, oîi sa femme met ses habits de fête pour la messe, oîi lui-même « se fait honneur » en passant la veste de drap noir, où l'on cause après... ou pendant les vêpres, devant les portes, sur la place, autour des tables de l'auberge tandis que les jeunes gens jouent aux quilles.. Allez, de V.

De V. — Le maître de la maison lui-même célèbre les jours de fête — et, couché sur l'herbe, — tandis qu'au milieu brûle le feu de l'autel — et que ses compagnons de travail — couronnent le cratère de feuillage, — il t'iii' voque, ô Dieu du pressoir — en faisant des libations '-.

ï. Intei-ea dulces nati pendent circum oscula, — casta domns servat pudicitiam; — vaccse demittunt ubera lactea, — pinguesqne haedi, in gramine laeto, — luctantur intei' se adversis cornibus. —

2. Ipse agitât dies festos, — fususque per herbam, — ubi in medio ignis, — et socii coronant cratera, — te vocat, Lenaee, — libenas

— magistrisque pecoris — ponit in ulmo certamina — velocis jaculi;

— nudantque — agresti palaestrae — corpora praedura. — Hanc vitam olim veteres Sabini coluere.

Deux sens délicats à fixer!

— Lenxe, de Avivatoç — 'O Xrjvoç le jDressoir... Votre traduction, ou la note de votre édition, est fidèle à la vraie néthode : elle remonte à la source I Elle rend bien ce que e poète avait dans l'esprit en écrivant Lentee^ et non Bacche.

M. — Est-ce que coronare cratera ne signifie pas aussi < remplir la coupe jusqu'au bord »?

Non : c'est coronare vina. Le cratère (encore un mot çrec : de x£pivvup.t, mélanger) servait à mélanger le vin et eau,.. Vous savez comme le vin des anciens était mal ibriqué : une lie épaisse; il fallait le brasser avec de eau... Vous pensez bien que si on avait rempli le vase usqu'au bord, l'opération n'eût pas été facile. — Nous

vons, du reste, que l'usage était de couronner ainsi de ampres le cratère... Comment?

Ou secours que prête l'archéologie.

Plusieurs. — Par les sculptures des vases.

— Nous avons rencontré tout à l'heure sur notre route

critique des textes. Voici que nous épi'ouvons le besoin [avoir recours à Varchéologie. Dans l'état actuel de nos lasses, avec les nombreuses occupations qui se disputent lèves et professeurs, nous ne pouvons qu'apercevoir Insi la terre promise. Il n'en sera plus de même, le jour Il seront constituées les études que nous rêvons d'établir... 1= Les « Humanités latines! »

I — Achevez au moins d'en donner, pour ce texte, le des-

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