II. — L'oraison funèbre : les adieux d'Énée
Quant au discours lui-même, il est plein de naturel et de implicite.
— N'avons-nous pas tous, d'ailleurs, à prononcer de emblables oraisons funèbres ? ou au moins à les écrire ? i'avez-vous pas dû adresser déjà des lettres de condojances?... Personne? C'est extraordinaire!... Ah, vous,
H. ? Combien de pages avez-vous consacrées à votre thrène?
H. — Pour être sincère, je l'ai fort écourté.
— Et vous avez par là fait preuve d'un goût suprême. Il faut être court; il ne faut pas troubler, fatiguer dans la douleur; il faut pourtant exprimer un sentiment sincère, éviter la sécheresse, non moins que la prolixité, en laissant parler tout bonnement son cœur. C'est ce que fait Knée.
— Analysez d'abord brièvement le discours, G.
Analyse.
G. — Début : la surprise.
(c Tene, inquit, miserande puer, quum laeta venirel,
Invidit Fortuna mihi, ne régna videres
Nostra neque ad sedes victor veherere paternas?